“Flamby” le flamboyant

En fin de semaine dernière, François Hollande faisait ses grands débuts diplomatiques. Direction les « States », pour rencontrer, vendredi, le Président Barack Obama et la Secrétaire d’Etat Hillary Clinton, participer au sommet du G8 à Camp David dans le Maryland puis gagner Chicago pour le sommet de l’OTAN. Bref, les premiers jours de « Mr. Normal » « ont été tout sauf normaux », souligne l’agence de presse britannique Reuters.

Pour la presse américaine, le bilan de ce marathon diplomatique est plutôt positif. Le courant entre François Hollande et Barack Obama est bien passé, selon le site économique Bloomberg, notant la « gestuelle » complice des deux hommes dans le bureau ovale et les commentaires du président américain sur le goût de François Hollande pour les cheese burgers. Dans un article au titre en forme de jeu de mots culinaire « Obama’s Burger, Fries Holland-aise », il souligne : « Les relations franco-américaines semblent être sur un meilleur pied aujourd’hui que lorsque certains sur Capitol Hill, mécontents du refus français de soutenir l’invasion de l’Irak emmenée par les Etats-Unis, ont changé le nom des ‘French fries’ en ‘Freedom fries’ ». Pour le New York Times, Hollande a fait mieux que plaire. Il serait responsable d’un « changement de ton » au G8 selon le quotidien, qui estime qu’il “a fait équipe avec Barack Obama contre Angela Merkel” pour promouvoir la croissance contre l’austérité prônée par la chancelière allemande. Idem pour le pourtant très libéral Wall Street Journal qui juge que Hollande « a placé la croissance au centre des débats du G8 ». Sans doute bien aidé par un Barack Obama en campagne pour sa réélection. « Les deux dirigeants ont affirmé l’alliance et l’amitié qui lient leurs deux nations », juge la chaîne ABC.

Sur les dossiers diplomatiques contentieux, le président Français est resté ferme sur ses positions. En effet, il a rappelé sa promesse de campagne de retirer les troupes françaises de la région afghane de Kapisa d’ici la fin de l’année, ce qui est « la différence la plus significative entre Obama et Hollande », rappelle USA Today. Une position qui aurait pu donner lieu à quelques « gentilles pressions directes » de la part de la Maison blanche, selon le Christian Science Monitor. Mais malgré ce désaccord, la fermeté du président français est remarquée et saluée: « A ces débuts sur la scène internationale, François Hollande est resté ferme sur des position bien définies », souligne l’Associated Press pour lequel “Hollande s’est accaparé le show” lors de cette série de rendez-vous internationaux. Petit bémol: l’AP estime que « jusqu’ici, c’est plus du style que du fond. Hollande a offert peu de détails sur comment il mettra ses plans à exécution».

La « first girlfriend »

Sa compagne, Valérie Trierweiler, a elle aussi suscité la curiosité de la presse américaine. Surnommée par CNN “first girlfriend“, cette femme  « soucieuse de maintenir son indépendance » selon un article du New York Times, intrigue. « La Première Dame de France ne s’était certainement pas imaginé le devenir un jour lorsqu’elle s’est mise avec François Hollande,  un politicien de gauche, jovial, sans glamour, qui ne présentait pas vraiment d’atouts présidentiels », explique le quotidien. Valérie Trierweiler serait « irréfutablement française », selon le Huffington Post dans « ses convictions de garder ses affaires privées en dehors du domaine public ». Le New York Times souligne l’étrangeté de ce « couple présidentiel » qui « est le premier à cohabiter ensemble à l’Elysée sans être marié ». Cet exemple et celui d’Angela Merkel seraient « un signe de la manière dont les attitudes européennes sur la famille ont changé » : « Le mariage n’est pas une institution en France, renchérit le Huffington Post, contrairement aux Etats-Unis ». L’article rappelle que François Hollande et Ségolène Royal ont eu quatre enfants avant de se séparer, sans jamais se marier. « Impensable aux Etats-Unis, où le couple présidentiel est perçu comme un modèle… il n’y a pas deux personnes distinctes, mais un couple indivisible, la Première Dame étant emblématique (…) En bref, la séparation de la vie personnelle et privée en France équivaut à la séparation de l’Église et de l’État », conclut le Huffington Post.

Yes, we Cannes

Si une femme fait parler la presse à Washington, c’est l’absence de femmes qui est remarquée à Cannes. Des vingt-deux films en compétition sur la croisette, aucun n’a été réalisé par une femme. Un triste constat qui fait dire au site spécialisé AMC filmcritic.com:« Qu’est ce que Cannes à donc contre les femmes ?» Le groupe féministe La Barbe se pose visiblement la même question: dimanche, cinq militantes ont revêtu de fausses barbes et organisé une manifestation sur le tapis rouge. « Debout, sous la pluie torrentielle à la première de « Amour » de Michael Haneke, elles portaient des pancartes sur lesquelles étaient inscrits « Merveilleux », « Merci », « Splendide », « Incroyable » et « La Barbe » ! » rapporte l’agence de presse Associated Press, dans un article repris par le site d’information Bloomberg et le Washington Post. L’absence de réalisatrices au festival a « incité des protestations aux Etats-Unis, rappelle l’AP. Une pétition a été signée par près de 2 000 personnes, dont les féministes Gloria Steinem et Gillian Armstrong ».