Femmes et capital-risque: encore du chemin à parcourir

A propos de l'auteur

Anne Busquet - 5071 (2)

Anne Busquet est présidente d’AMB Advisors, directrice générale à Golden Seeds LLC. 

Professeur adjoint à Columbia Business School, elle est aussi directrice du French-American Entrepreneurship Award.

On me demande souvent pourquoi j’investis dans des start-ups dirigées par des femmes.

Ma réponse est toujours la même : car il y a un énorme potentiel inexploité, et il est primordial de le développer.

J’ai récemment investi dans deux start-ups qui ont un fort potentiel : Open road mediadirigé par Jane Friedman, Rapt media, dirigé par Erika Trautman.

Il y a maintenant plus de dix ans, j’ai rejoint un groupe de femmes qui démarraient un “angel group” à New York, appelé Golden Seeds.

Aujourd’hui, nous pensons avoir eu un réel impact sur l’expansion d’un réseau féminin d’investisseurs aux Etats-Unis, ainsi que sur le financement de femmes-entrepreneurs.

Quelques faits : en 2004, 40% des créateurs d’entreprises aux Etats-Unis étaient des femmes, mais seulement 3% des entreprises qui obtenaient des financements étaient dirigées par des femmes. Seulement 5% des angel investors étaient des femmes. Et les femmes ne jouaient donc pas un rôle important pour le financement des startups.

Depuis 2004, au travers de Golden Seeds, 77 millions de dollars ont été investis dans plus de 100 entreprises dirigées ou co-dirigées par des femmes.

Aujourd’hui, il est estimé aujourd’hui que près de 50% des start-ups sont créées par des femmes et que 28% des start-ups qui ont reçu des investissements de businesss angels en 2014 étaient dirigées par des femmes. En outre, 26% des angel investors aux Etats-Unis sont des femmes.

Qu’avons-nous appris ?

  • Les équipes mixtes sont plus performantes que les équipes exclusivement masculines.
  • Les créatrices d’entreprises ont de meilleurs performances financières (63%) que des équipes exclusivement masculines, comme le montre l’étude de First Found Capital (analyse de 300 entreprises sur les dix dernières années)
  • Les femmes sont maintenant très actives dans la création d’entreprises et la recherche de financement. Elles représentent désormais 36% des entrepreneurs en recherche de financement.
  • Le nombre de femmes qui investissent est passé de 5% en 2004 à 26% en 2014. Il y a une corrélation entre l’augmentation des femmes angel investors et l’augmentation des start-ups dirigées par des femmes et soutenues par des angel investors.

Enfin, ce que je trouve très encourageant, c’est la création d’autres groupes feminins d’angel investors comme le groupe new-yorkais 37 Angels, ou l’accélérateur de start-ups MergeLane, à Boulder dans le Colorado.

Reste un défi : s’assurer que les sociétés d’investissement en capital-risque et de private equity investissent elle aussi du capital dans des business dirigées par des femmes.

Jusqu’a présent, les VCs (sociétés de capital-risque) aux Etats-Unis ne montrent que peu d’intérêt pour le financement de femmes-entrepreneurs. Par exemple, entre 2004 et 2014, seulement 3% des investissements de venture capital étaient destinés à des entreprises dirigées par des femmes.

Pour cela, il faudrait plus de femmes dirigeantes au sein des VCs – leur présence multiplie par deux fois et demi les chances de financement d’un business dirigé par des femmes.

Une étonnante statistique : parmi les 48 milliards de dollars investis en 2014 par des VCs, seulement 7% ont été attribués à des start-ups dirigées par des femmes. Je crois comprendre que les défis sont similaires en Europe et à l’international.

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Participer au concours French American Entrepreneurship Award: envoyer votre dossier avant le 22 février 2016. Plus d’informations ici.

A propos de l'auteur

Anne Busquet - 5071 (2)

Anne Busquet est présidente d’AMB Advisors, directrice générale à Golden Seeds LLC. 

Professeur adjoint à Columbia Business School, elle est aussi directrice du French-American Entrepreneurship Award.