“Fatima”, la femme invisible de Philippe Faucon

Agenda

New York City (26 août), Film Society of Lincoln Center, 144 W 65th St.

Los Angeles (16 septembre), Laemmle Royal Théâtre, 11523 Santa Monica Blvd.

Fatima est là mais personne ne l’a voit. Cette immigrée clandestine qui élève seule ses deux filles est le personnage principal du dernier film de Philippe Faucon. “Fatima” est inspiré du journal Prière de lune de Fatima Elayoubi. Sacré César 2016 du meilleur film, il sort à New York le 26 août et à Los Angeles le 19 septembre.

“La productrice Fabienne Vonier m’a conseillé de lire “Prière de lune”. Au moment où je l’ai lu, j’ai été très intéressé par ce personnage. Cela m’a renvoyé à mon histoire familiale” , confie Philippe Faucon, dont les grands-parents venus d’Espagne, ne parlaient pas français. Tout comme Fatima. “Ces gens ont été dans la même situation d’invisibilité. Il y avait ce décalage de la langue. Lorsque mes grands-parents s’adressaient à moi en espagnol, je leur répondais en français”.

Fatima porte le hijab, contrairement à ses deux filles, Nesrine et Souad, qui ne parlent pas l’arabe. Cette mère courage doit subvenir aux besoins de ses enfants. Nesrine, l’aînée, a de grands projets et aspire à devenir médecin. Souad, adolescente rebelle en quête d’identité, sèche les cours et dénigre sa mère, qui n’a aucune autorité sur elle. Afin de pouvoir offrir un meilleur destin à ses filles, Fatima ne ménage pas sa peine. Coupée du monde, elle cumule les heures de ménages pour un salaire de misère. Jusqu’au jour où son corps cède. Une chute dans les escaliers l’amène à devoir arrêter tout effort physique. Elle commence alors à rédiger des notes et des poèmes dans un journal intime.

“Après ses journées de travail elle écrivait tout ce qu’elle ne pouvait pas exprimer, en particulier à ses filles” , explique Philippe Faucon. Cependant, l’adapter sur grand écran fut difficile. “Le livre n’était pas très inspirant pour écrire le scénario. Il a été rédigé sous forme de poème de manière très personnelle. Mes sources d’inspirations ont surtout été mes rencontres avec l’auteure, ses deux filles et aussi des jeunes dans des situations proches”, ajoute Philippe Faucon.

Le casting a été une étape cruciale. “Il fallait quelqu’un dans la même situation que le personnage principal, à savoir quelqu’un qui ne maîtrise pas la langue française. C’est quelque chose qui ne se joue pas, même pour une comédienne de grand talent car il y a toujours un moment où ça s’entend”. 

Sofia Zeroual, qui joue Fatima à l’écran, est une actrice non-professionnelle. “Elle n’est pas comédienne de métier mais elle avait cette justesse. Elle n’en faisait pas trop ni pas assez. Les deux filles de Fatima sont par contre jouées par des filles qui se destinaient à devenir comédiennes” , à savoir Zita Hanrot et Kenza Noah Aïche.

Avec “Fatima” , le cinéaste a voulu montrer un autre visage de l’immigration, un sujet de crispation en France comme aux Etats-Unis. “L’histoire racontée l’a déjà été sous l’angle des difficultés. En général, on évoque la violence, la drogue, les gangs etc (…) Mais on ne dit jamais à l’écran qu’ils se lèvent aux aurores pour ramasser les poubelles et faire des ménages. Ou encore qu’il sont venus avec l’ambition d’une vie meilleure. C’est ce que le livre de Fatima raconte et c’est aussi ça qu’il y a à raconter”.

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New York City (26 août), Film Society of Lincoln Center, 144 W 65th St.

Los Angeles (16 septembre), Laemmle Royal Théâtre, 11523 Santa Monica Blvd.