Le « petit frère de Criteo » arrive aux Etats-Unis

Pour en savoir plus

 

Le site d'Ezakus

Une jeune start-up française qui veut prendre sa part du gâteau dans le marché publicitaire américain ? Le pari semble audacieux.

Chistophe Camborde, un Français de 38 ans, s’est installé à New York début janvier pour développer Ezakus, la start-up de ciblage publicitaire qu’il a co-fondée à Paris fin 2011. Pour faire simple, Ezakus collecte des données (non nominatives) sur les comportements d’internautes, et les vend à des acheteurs ou des vendeurs d’espaces publicitaires, afin de leur permettre de mieux qualifier leur audience.

Bref, si vous trouvez sur votre navigateur des publicités curieusement proches de vos habitudes, des chaussures que vous avez failli acheter ou des bannières ciblant précisément votre passion pour le jogging, c’est à cause de sociétés comme Ezakus.

S’il recommence à zéro à New York, Christophe Camborde ne part pas sans filets. Ezakus en France, c’est déjà du solide. Sa société emploie 40 personnes entre Paris et Bordeaux, et a déjà effectué deux levées de fonds, respectivement de 2,2 millions, puis de 2,5 millions d’euros. Elle compte quelques gros clients comme TF1, Le Monde, M6. En outre, Christophe Camborde est rodé aux lancements d’entreprises : ce Bordelais a déjà fait naitre plusieurs start-ups, dont la dernière, Steek (spécialisée dans le cloud), a été revendue à F-Secure pour 27,5 millions d’euros.

« J’ai loué un bureau dans un espace de coworking. Je suis en contact mon équipe française tous les matins, et je viens de recruter trois commerciaux américains. En revanche, toute mon équipe R&D va rester en France, c’est bien plus pertinent », raconte-t-il.

Dans ce secteur ultra-compétitif, Ezakus bénéficie d’un vent favorable. « Le marché est en croissance, notamment sur le segment des ad-exchanges [ventes aux enchères d’espaces en temps réel]. Cela ouvre plein de possibilités pour nous. »

Mais il le reconnaît : c’est un défi de vendre ses services ici, et d’américaniser son produit. « Ce que nous faisons est généralement segmenté entre trois ou quatre sociétés différentes ici. Du coup, nos contacts imaginent qu’on fait les choses en surface, ce qui n’est pas vrai.  Je dois aussi adapter mon message, le simplifier. C’est un choc culturel, mais c’est très formateur », affirme-t-il.

Pour mieux faire passer son message, il n’hésite pas à se faire passer pour le « petit frère de Criteo » – un surnom déjà attribué par French Web, notamment car les deux sociétés partagent le même investisseur. Criteo, aussi spécialiste du ciblage publicitaire en ligne, est sans doute la start-up parisienne la plus connue à New York – une des rares francaises cotées au Nasdaq. Comme quoi, même dans ce domaine, il est possible de faire jouer la “French touch”.

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