Euro et Picasso

L’évènement médiatique de ce week-end, c’est d’abord les correspondances américaines confidentielles, rendues publiques dimanche sur le site Internet WikiLeaks. Si elles dressent notamment des portraits peu flatteurs de chefs d’Etats du monde entier, c’est au cas de Nicolas Sarkozy que le New York Times a choisit de consacrer un long article : si les câbles le présentent comme “autoritaire” et “impulsif”, il s’avère surtout être le “président le plus pro-américain depuis la Seconde Guerre mondiale”, et donc un allié de taille pour les Etats-Unis. Ces révélations fracassantes qui dérangent et bouleversent la diplomatie internationale… renforcent aussi certaines alliances, remarque Reuters. Le gouvernement français a en effet choisit de soutenir son allié outre-atlantique dans la défense du secret diplomatique, cette affaire étant accusée de “menacer la souveraineté” et de porter atteinte à l’“autorité des Etats”.

La France et l’Allemagne se mobilisent pour endiguer la crise qui menace le Vieux Continent. Les deux pays déterminés à “sauver la zone euro”, défendent toujours coûte que coûte le maintien de la monnaie européenne malgré sa “récente faiblesse” due aux dettes souveraines, relate l’International Business Times. Un “accord” franco-allemand a été signé après l’adoption dimanche du plan de sauvetage de l’Irlande (85 milliards d’euros), premier pas pour rétablir la confiance, détaille ABC News. La priorité reste surtout de “prévenir la contagion au Portugal et à l’Espagne”: comme le souligne Forbes, Christine Lagarde s’est montré rassurante quant à la situation actuelle de la dette publique française… A priori, la France ne courrait donc aucun risque !

Art enfin, avec ce que Bloomberg qualifie de véritable “onde de choc sur les communautés juridique et artistique” françaises : le quotidien Libération a rendu publique lundi matin la découverte chez un couple de retraités d’oeuvres de Pablo Picasso jusqu’alors inconnues. “Carnets de notes, peintures, portraits d’Olga sa première femme, aquarelle de la période bleue”… pas moins de 271 travaux soit-disants offerts par l’artiste dans les années 70. Une histoire qui ne “tient pas debout” pour Claude Picasso, qui doute que son père ait fait preuve d’une telle générosité pour son électricien de l’époque. La famille héritière a d’ailleurs déposé plainte pour recel. The Associated Press précise que la valeur de ces oeuvres (depuis saisies par l’Office centrale de lutte contre le trafic des biens culturels) s’élèveraient à “au moins 60 millions d’euros”, neuf collages cubistes étant estimés à eux seuls à 40 millions d’euros.

Photo : Les ministres de l’Economie français et allemand, Christine Lagarde et Wolfgang Schäuble