Être enceinte à San Francisco

Félicitations, vous êtes enceinte!

Passée l’excitation de la nouvelle, vient le temps de choisir son docteur. Vous pourrez opter pour un cabinet privé de gynécologie tel que le réputé Golden Gate Obstetrics and Gynecology (1725 Montgomery Street) ou bien directement l’hôpital dans lequel vous accoucherez, UCSF (500 Parnassus Ave), CPMC (3700 California Street
), ou encore Kaiser (4141 Geary Blvd).

Il n’y a pas de mauvais choix, tous ces établissements offrant une qualité de soin plus ou moins similaire. Votre décision sera peut-être guidée par votre assurance; certaines ne travaillent qu’avec un seul de ces établissements.

Mon choix s’est porté sur UCSF car mon appartement est situé à quelques rues de l’hôpital. Pour une première visite, le temps d’attente moyen est d’un mois et demi, mieux vaut donc prendre rendez-vous vite une fois la grossesse connue.

Alexandra, une Belge installée à San Francisco depuis deux ans a choisi de se faire suivre dans un cabinet privé, pensant y recevoir un accueil plus personnalisé que dans un hôpital. “Tous les employés avaient le sourire aux lèvres et on m’a apporté une limonade dès mon arrivée. Une fois dans la salle d’examen, j’ai déchanté. Après un brève entrevue avec une infirmière, j’ai dû attendre mon tour pour la visite du docteur. La consultation a duré tout juste quinze minutes, sans auscultation, et je n’ai eu le temps de poser que la moitié de mes questions. J’ai eu l’impression d’être un numéro parmi d’autres. Je suis sortie très déçue. En Belgique je passais une heure avec mon gynécologue à chaque visite!”

Pas de dépistage de la toxoplasmose

Les propos d’Alexandra me rappellent les conditions du suivi de ma propre grossesse à UCSF. Mes rendez-vous étaient très similaires: pesée et prise de tension par une infirmière, puis visite express du docteur qui me posait quelques questions sur mon état général, et mesurait mon ventre avec un mètre souple. Nous avons toutes les deux eu trois échographies en 3D ; pour moi à treize, dix-neuf et trente-deux semaines de grossesse.

Nous nous sommes également heurtées au même étonnement de notre médecin sur le dépistage de la toxoplasmose, pourtant obligatoire en France et en Belgique pendant la grossesse. “Vous mangez des fromages non pasteurisés et de la viande crue tout le temps chez vous, mais pas nous !” m’a expliqué ma doctoresse, qui insistait sur la caractère inutile de ce test.

Mis à part le côté médical, San Francisco est une ville particulièrement dévouée au bien-être de la femme enceinte. Une kyrielle de cours existent pour le maintien en forme de la future maman: yoga (Yoga Tree, 24 Shotwell St.), pilates (Preggo Pilates, 3726 Cesar Chavez, SF.), massage prénatal (The Mindful Body, 2876 California St.), alimentation pendant la grossesse (Natural Resources, 1367 Valencia St.), cours sur l’allaitement (Carmel Blue, 1418 Grant Avenue) ou de “préparation à l’accouchement”. J’ai suivi ce cours à UCSF, et je l’ai trouvé utile. Créatrice de Sparkling Mothers et coach pour mamans, Alexandra a presque tout testé. “Chaque fois que je sortais de ma session de yoga, j’étais sur un petit nuage en marchant dans la rue avec mon gros ventre. Je me demandais si la vie pouvait être plus merveilleuse que ça!”

Deux jours et demi à l’hôpital

Tout comme mon suivi de grossesse, mon accouchement reste une expérience en grande partie positive. Le plus dur a été l’attente pour être admise à l’hôpital : douze heures pour atteindre les trois centimètres de dilatation requis par UCSF pour accueillir les futures mamans.

Une fois dans ma chambre ultra-spacieuse, j’ai pu recevoir des antidouleurs, et l’arrivée de mon adorable Céleste s’est faite dans une joyeuse excitation. Mon mari est resté à mes côtés durant mes deux jours et demi à l’hôpital, installé sur un siège convertible en lit.

Nous avons fait le choix de garder notre fille avec nous au lieu de la mettre dans la nurserie. Interdite de nourriture solide durant la durée du travail car étant sous péridurale, je n’ai pas eu l’occasion de goûter à la nourriture de l’hôpital. Pour mon premier repas post-accouchement j’ai opté pour un mix sushi/champagne apporté par des amis.

Au moment de la sortie de l’hôpital, je me sentais prête pour affronter mes premiers jours de jeune maman. J’ai vite déchanté au sujet de l’allaitement. Les deux visites de la spécialiste à la maternité n’ont absolument pas suffi. J’ai dû faire appel à une consultante en allaitement, et à ma grande surprise ce service très coûteux n’était pas pris en charge par l’assurance. Contrairement à la France, les séances de rééducation post-partum ne le sont pas non plus.