Les Américains découvrent la “Madame Sans Sexe” française

(Revue de presse) La presse américaine adore se répandre sur les mœurs sexuelles des Français, ces éternels romantiques, libérés sous la couette. Alors quand ils croisent une Française qui dit “non” au sexe, ils lui consacrent une interview.

New York Magazine met en lumière Sophie Fontanel, rédactrice-en-chef mode au magazine Elle qui “a résisté au sexe pendant 12 ans“, selon le titre de l’article. A 27 ans, la jeune femme a choisi de vivre sans relations sexuelles “plutôt que d’en avoir de mauvaises” et en a écrit un roman, L’envie, paru en 2011. Et il ne s’agit pas d’un acte isolé souligne le magazine, contrairement aux préjugés sur les Français. “Elle a reçu un déluge de courriers d’hommes et de femmes qui se sont retrouvés dans la même situation mais qui avaient trop peur d’en parler à qui que ce soit.” Le sexe serait devenu un devoir: “Je ne sais pas à quel moment le sexe est devenu la chose la plus importante, se demande-t-elle, et ajoutant. “Je le faisais parce que tout le monde le faisait.”

Mais comme la France reste la France, elle a dû faire face à “de mauvaises réactions“, “tout le monde pensait que j’étais idiote“, raconte-t-elle. A la question de la journaliste : ” Quelles ont été les réactions après la sortie de votre livre en France?“, la jeune femme se souvient avoir été considérée par la presse comme “un oiseau rare, un cas étrange”. Elle a reçu plusieurs étiquettes : lesbienne, fondamentaliste, «ce que je ne suis pas», précise-t-elle. On a aussi mis en cause son physique disant “peut-être que tu n’es pas aussi jeune et jolie et c’est pour cela que personne ne veut coucher avec toi.”  A cela, l’écrivain répond : “Mais je n’étais pas en train de dire que personne ne voulait coucher avec moi. Je disais que je ne voulais coucher avec personne.”

Taubira dans le New York Times

Sans transition, le New York Times continue sa série de portraits sur les hommes et femmes politiques de gauche qui tirent sur François Hollande. Après Ségolène Royal, Manuel Valls, Arnaud Montebourg, c’est au tour de Christiane Taubira de passer sur le divan journalistique. Et elle fait fort: la ministre de la Justice lance qu’elle ” ne peu(t) pas avoir de boss“. Le premier ministre et le président apprécieront. “Elle est connue dans le milieu politique pour ses tendances autoritaires et d’auto-suffisance”, écrit le quotidien. Et selon ses dires “les partis politiques n’ont jamais été vraiment d’accord avec elle.”  D’ailleurs, “son objectif n’est pas tellement de protéger les vulnérables, dit-elle, mais de les valoriser”, une posture qui “semble rompre avec la philosophie d’une France Etat-Providence.”

Le New York Times s’intéresse aussi aux propos racistes dont elle a été victime lors du débat autour de la loi sur le mariage pour tous. “Je ne crois pas qu’il y ait eu d’autres manifestations, ou qu’il serait concevable qu’une manifestation s’adresse à un autre ministre avec le slogan “Tu es battue, les Français sont dans la rue”,” commente Madame Taubira qui “reste sensible à sa différence” de couleur de peau. Le quotidien souligne aussi “sa volonté d’aborder franchement la question de la race qui est, dans un sens, aussi une différence dans un pays où de tels sujets restent délicats et souvent tus. L’Etat français ne reconnait pas officiellement la couleur de peau ni la race.”

Roubaix, exemple pour la France ?

La question de l’intégration en France n’en finit pas d’intriguer le New York Times. La façon dont notre pays traite ses musulmans interpelle le quotidien américain. Alissa J. Rubin s’est rendue à Roubaix, la “ville qui se démarque pour ses efforts discrets mais importants pour promouvoir une communauté musulmane active.” Dans cette ville qui abrite six mosquées et dont le cimetière comporte trois espaces réservés aux Musulmans, la mairie vient en aide aux membres de cette communauté et notamment pour trouver du travail, explique le quotidienLa ville apparait comme une cité isolée “dans un pays où la loi réglemente le port du voile et où de nombreux musulmans déclarent se sentir comme des outsiders.” En effet, selon la journaliste il y a “une réticence de la part des autorités françaises à parler de la religion”. Et Roubaix apparait comme “une des rares villes à avoir rompu avec cette interprétation rigide d’un Etat séculaire. Or, il semble que la politique de la ville a permis de “diminuer les tensions ethniques et sectaires qui touchent d’autres régions en France”, note le quotidien. Cela, alors que Manuel Valls a déclaré que les crimes envers les musulmans ont augmenté de 28% cette année, souligne la journaliste. Pour conclure, elle se demande si “l’approche multi-culturaliste de Roubaix deviendra un modèle pour les villes françaises, ou bien si, dans un pays où la population musulmane se retrouve elle-même au centre d’un débat sur le racisme, la tolérance religieuse et l’identité nationale, elle restera une exception.”

Carla en vacances

En attendant, il y en a une qui est bien contente d’être loin de la politique. “Carla Bruni a déclaré à CNBC qu’être Première dame ne lui manquait pas”, rapporte le média américain. L’épouse de Nicolas Sarkozy préfère jouer les mamans poule plutôt que la “First Lady”. “Vous savez, c’est vraiment bien de vivre sans pression. C’est vraiment bien de vivre sans stress, et la vie de famille est bien plus facile maintenant. J’ai adoré être Première Dame mais ça ne me manque vraiment pas.”, rapporte CNBC. Une nouvelle vie qui selon elle, profite également à son “honey : “Mon chéri vit tellement à 100% que j’ai pensé qu’il pourrait se reposer un peu, vous savez… et aussi retrouver une vie normale.” A moins qu’il préférait son ancienne vie ?

Crédit : Wikimedia Commons