Ernest et Célestine, l’anti-Pixar

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Le gros ours Ernest et la petite souris Célestine débarquent enfin aux Etats-Unis !

Ce dessin animé qui a fait l’unanimité auprès du public et de la critique en France, est sélectionné au Sundance Film Festival dans la catégorie Sundance Kids – le festival a lieu du 16 au 26 janvier à Park City (Utah). De grosses pointures hollywoodiennes comme Lauren Bacall et Forest Whitaker ont été choisies pour assurer le doublage des personnages en anglais.

Avant même sa sortie en salle aux Etats-Unis, prévue pour mars, ce petit chef d’œuvre Made in France fait déjà parler de lui : il a notamment été pré-sélectionné aux Oscars dans la catégorie du meilleur film d’animation face à plusieurs autres productions du géant Pixar.  « C’est un peu stressant, mais c’est aussi une belle reconnaissance ! » explique Benjamin Renner, l’un des trois réalisateurs du film (avec Stéphane Aubier et Vincent Patar).

«On essaye de ne pas trop tirer de plans sur la comète : ce n’est qu’une pré-sélection» assure, modeste, ce diplômé des Beaux-Arts d’Angoulême, qui s’est occupé de la création graphique du film.

La 2D n’est pas morte

Pour lui, le succès du dessin animé en salle et sa pré-sélection aux Oscars « montrent que l’alternative à la 3D est possible ».  « Je suis le premier à aimer le travail de Pixar. Mais pour moi, la 3D ne se justifie pas toujours : aujourd’hui les dessins animés pour enfants ont tendance à être ultra-épiques, à manquer de légèreté. L’avantage de la 2D, c’est qu’on peut justement y revenir et donner peut-être plus d’importance à la narration, aux détails. L’animation japonaise, qui m’influence pas mal dans mon travail, a une esthétique, un mode de narration, qui va davantage dans ce sens».

La 2D permet aussi, selon lui, de surmonter certains obstacles d’ordre financier: «Ce qui est formidable avec la 2D, c’est qu’on peut faire un film incroyable avec un budget relativement limité, comme souvent en France. Ça ne paraîtra jamais « cheap », alors que le contraire avec la 3D peut très facilement s’avérer vrai».

“Ernest et Célestine”, histoire d’amitié entre deux êtres que tout semble séparer, est une adaptation d’une série de livres pour enfants créée par l’auteur Gabrielle Vincent, qui connut un grand succès dans les années 80 et 90. « Le rapport au papier est très présent dans le film. C’est pour cela notamment que nous avons utilisé l’aquarelle. On a parfois l’impression que l’on feuillette un livre. Nous voulions vraiment que le film d’animation soit d’abord un hommage à Gabrielle Vincent plus qu’une adaptation».

Une demande de la famille de l’auteure (aujourd’hui décédée), qui souhaitait que son œuvre puisse être redécouverte à l’écran. « Nous sommes partis du monde de Daniel Pennac (ndlr : qui a réalisé le script en y apportant une certaine noirceur et un cynisme, propres à l’écrivain), et nous sommes allés vers l’univers tendre de Gabrielle Vincent. C’est pour cela par exemple que les derniers dessins qui concluent le film, sont les siens».

Un vent de créativité en France

Le succès d’un film d’animation français comme Ernest et Célestine n’est pas une exception. Le monde de l’animation hexagonale semble être marquée ces dernières années par un vent de créativité important, de plus en plus reconnu : du “Chat du Rabbin” à “Moi, Moche et Méchant” (dont le volet numéro 2 a aussi été pré-sélectionné aux Oscars), en passant par “les Triplettes de Belleville” ou encore “Un Monstre à Paris”.

Comment expliquer cette percée française, dans un univers dominé par les Etats-Unis et le Japon ? « Contrairement à l’animation américaine qui dépend financièrement des studios, la France bénéficie elle d’une certaine indépendance en la matière, qui lui offre sans doute une plus grande liberté graphique et narrative, une plus grande liberté de ton aussi, qui plaît aux gens. Cela lui permet aussi peut-être de faire confiance plus facilement à de nouveaux réalisateurs». Ce qu’a eu raison de faire le producteur Didier Brunner en choisissant Benjamin Renner. “Ernest et Célestine” est son premier long métrage: un vrai petit bijou.

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