Pourquoi envoie-t-on la grande échelle en cas d’accident à New York ?

On espère pour vous que vous ne l’avez jamais remarqué. En cas d’accident, même mineur, les camions de pompiers (parfois la grande échelle) sont dépêchés sur place avec l’ambulance.

Ce qui peut en surprendre plus d’un, en particulier les Français, pour qui ce genre de démarche passerait aisément pour un gaspillage de ressources. Pourquoi les Américains utilisent-ils cette méthode ? C’est la question bête de la semaine.

Pour le lieutenant-colonel Sébastien Fremont, sapeur-pompier dans les Yvelines et auteur de plusieurs ouvrages sur les pompiers new-yorkais, il s’agit de la “règle du prompt-secours” , qui consiste à “dépêcher sur les lieux d’une opération de secours le moyen disponible au plus proche de l’intervention, au bénéfice des citoyens” . Avec quelque “200 casernes” de pompiers à New York, et “un maillage qui consiste à avoir tout point de la ville accessible par un premier fourgon d’incendie et/ou une échelle à moins de cinq minutes” , le FDNY (Fire Department) est très souvent le plus proche du site d’un accident. Les moyens disponibles sont dépêchés sur place. Des véhicules léger certes, mais aussi parfois des véhicules plus lourds, même pour une simple jambe cassée.

Tous les pompiers sont généralement au minimum des First Responders, c’est-à-dire des secouristes formés, comme en France, à un minimum de gestes de secourisme pour faire face à tout type de situation. De plus, à bord de tous les engins de secours, y compris les fourgons d’incendie et les moyens aériens comme les grandes échelles et les plateformes télescopiques, on trouve du matériel de secourisme de premier secours” , poursuit le pompier. Leur intervention peut s’avérer déterminante dans certaines situations critiques. “Le transport de la victime est réalisé par l’ambulance qui peut se présenter sur les lieux plusieurs minutes après les premiers intervenants. Ces minutes gagnées peuvent ainsi s’avérer déterminantes et sauver la vie d’une personne” , conclut le professionnel.

A la raison “proximité” s’ajoute aussi un deuxième facteur: les services médicaux disposent souvent d’informations parcellaires sur l’état d’une victime. Il est ainsi plus prudent de dépêcher des secours supplémentaires (en l’occurence les pompiers) pour faire face à tous les types de situation.

Et quant à la remarque de la consommation disproportionnée de ressources, Sébastien Fremont relativise. “C’est extrêmement limité dans le temps car les pompiers interviennent en « prompt secours ». Dès que l’ambulance se présente, ce qui met en réalité très peu de minutes à se produire, les primo-intervenants se désengagent et quittent les lieux en se rendant immédiatement disponibles sur l’ordinateur de bord, explique-t-il. Avec 200 casernes, le niveau de sécurité des New-Yorkais ne s’en trouve pas dégradé. Et de toute manière, le risque de mourir d’un infarctus est bien plus élevé que celui de mourir dans un incendie, c’est donc pour cela que le système de « prompt secours » à la new-yorkaise est adapté à la nature des risques.” On peut faire du vélo tranquille.