En visite à Brooklyn, Hélène Conway-Mouret défend les programmes bilingues

“Partout dans le monde, de plus en plus de parents souhaitent mettre leurs enfants dans des écoles françaises. Il y a un problème pour absorber la demande. On ne peut pas continuer à construire des établissements, nous n’en avons pas les moyens”

Le constat est dressé par la ministre déléguée chargée des Français de l’étranger, en visite ce vendredi 22 mars à la Public School 58 de Carroll Gardens. Hélène Conway-Mouret apportait sa bénédiction à ce qui pourrait être un symbole de sa politique de promotion du français à l’étranger. “Les sections bilingues des écoles publiques américaines permettent de tirer le meilleur des deux systèmes”, assure-t-elle.

Depuis six ans, cette école publique de Brooklyn propose, de la maternelle au 5th grade (CM2), des classes bilingues français-anglais, qui accueillent cette année 300 enfants– la moitié ayant le français comme langue maternelle. Les cours sont donnés un jour sur deux dans chacune des langues. Sept programmes de ce type existent à New York, à divers stades de développement.

Pour l’Etat français, il s’agit d’une solution bien moins chère que les établissements gérés ou en contrat avec l’AEFE (Agence pour l’enseignement du Français à l’étranger). Ou comment poursuivre la « diplomatie d’influence » par d’autres moyens. La ministre a affirmé que des expériences similaires sont en cours en Belgique et en Chine.

“C’est un honneur de recevoir un ministre français. Cela nous fait sentir très soutenu”, s’enthousiasme Giselle McGee, la directrice de l’école. Du soutien, la directrice en a eu depuis le départ via Fabrice Jaumont, attaché pour l’Education à l’Ambassade de France, présent ce vendredi.  “Nous aidons ces écoles à se constituer une bibliothèque, nous organisons des séminaires pour les professeurs et les parents, décrit-il. Mais ce n’est pas suffisant. Nous aurions besoin de financements, notamment pour poursuivre ces programmes jusqu’au lycée. Il est difficile pour les écoles de trouver des enseignants bilingues, il faudrait des bourses pour les former.”

Mais Hélène Conway-Mouret n’est pas venue à la PS 58 pour annoncer de nouvelles subventions de l’Etat. Pour elle, la solution passe par le privé. “Il y a un vrai besoin de partenariats avec les entreprises. Depuis trois mois, je rencontre les grands groupes français, comme Carrefour, Total ou Areva, pour les impliquer dans cette réflexion sur l’enseignement en français à l’étranger. On ne peut plus raisonner en silo.” Des programmes bilingues dans le public américain financés par des entreprises françaises : le modèle de demain ?