En Emmanuel Macron, Bloomberg voit… Alain Madelin

Revue de presse. La presse américaine n’en fait pas des tonnes sur la démission d’Emmanuel Macron, mais elle lui consacre tout de même quelques articles. Pour le New York Timesqui le voit comme une “anomalie au sein du gouvernement socialiste” de Manuel Valls, Macron a “les yeux sur la présidence” . Le Wall Street Journal est encore plus direct: “Le ministre de l’économie démissionne pour se présenter à la présidentielle” .

Mais c’est, sans surprise, Bloomberg qui est le plus bavard sur le fondateur du mouvement En marche! Le site d’information économique consacre une longue analyse sur les chances de succès de celui qui est appellé “le Mozart de la politique ou qu’on a comparé à Kennedy” . “C’est plutôt un Tony Blair français. Tout comme Blair, Macron, 38 ans, fait l’apologie de la réforme des marchés tout en appelant à l’unité sociale. Mais la comparaison ne tient pas complètement: Blair était membre du Labour, tandis que Macron n’est pas un homme de parti” , corrige la journaliste Therese Raphael.

Selon cette dernière, la figure politique qui ressemble le plus à l’ancien ministre n’est autre… qu’Alain Madelin. “Avec son style non orthodoxe, Macron me rappelle davantage un autre réformiste mis en échec: Alain Madelin, un ministre sans langue de bois membre de gouvernements successifs de droite dans les années 80 et 90. Ses appels sans relâche pour affaiblir l’intervention de l’Etat dans l’économie ont été moqués, si bien que plus personne ne l’écoutait quand il s’est présenté à la présidentielle de 2002. Il a recueilli moins de 4% des votes” .

Cela veut-il dire que personne n’écoutera Macron s’il se présente ? Bloomberg pense que le moment n’est pas encore venu. “Alors que son message de réforme économique peut trouver un écho, c’est aussi un moment difficile pour incarner la voix de la raison. Les électeurs citent le terrorisme, l’immigration, les lois du travail et la stabilité sociale comme des sujets déterminants dans leur choix. Les candidats qui jouent sur les peurs ou qui protègent les avantages sociaux pourraient avoir de meilleurs résultats” . Mais, comme pour se protéger, il ajoute: “en France, mieux vaut parier contre le changement. Mais une fois de temps en temps, quelque chose d’inattendu se produit.