Emmanuel Lebrun-Damiens, nouveau consul, prend ses marques à San Francisco

« J’étais venu à San Francisco en 2011 pour quinze jours de vacances alors que j’habitais New York. Si on m’avait dit que je reviendrai pour travailler, j’aurais cru rêver », sourit Emmanuel Lebrun-Damiens, de retour dans la Baie pour prendre, le 4 mai, ses fonctions de Consul général à San Francisco.

Trente-neuf ans, la parole facile, précise, pédagogue, Emmanuel Lebrun-Damiens raconte son parcours : fils d’instituteurs, il a grandi en Normandie, intégré Sciences-Po Strasbourg puis l’ENA. « L’une des caractéristiques du métier de diplomate (qu’il choisit en 2003 en entrant au ministère des Affaires étrangères), c’est que vous pouvez faire des choses très différentes au cours de votre carrière. »

Lui commence par la Nouvelle-Zélande : conseiller à l’Ambassade de France, il découvre notamment les territoires et Etats du Pacifique. Négociateur de la France auprès des Nations Unies à New York de 2008 à 2011, Emmanuel Lebrun-Damiens s’occupe des questions humanitaires et de santé dont il parle avec passion.

Il poursuit à Paris, travaillant aussi sur l’aide au développement, l’éducation, la sécurité alimentaire et l’égalité femmes-hommes. De 2014 à 2016, il est conseiller au cabinet de Laurent Fabius, ministre des Affaires Etrangères, sur la gestion et l’organisation du ministère. Un poste très visible, qui lui a permis de décrocher son ticket pour San Francisco.

A San Francisco, et dans la droite ligne de ses prédécesseurs, une large part de son agenda sera consacrée à l’innovation. « La diplomatie économique est une priorité du Quai d’Orsay, reconnaît Emmanuel Lebrun-Damiens, et dans la Silicon Valley tout particulièrement car il y a un tissu économique important et qui se porte bien. Et parce que c’est ici que se font les grandes découvertes qui font les gains de productivité et la croissance de demain », note-t-il, ajoutant que l’innovation se réalise aussi à Portland et Seattle, notamment, où l’emmènera d’ailleurs, fin mai, son premier voyage planifié en tant que consul général.

La traque à l’innovation se déroule aussi sur le terrain académique. Le service scientifique se concentrera « sur ce que les universités de la région apportent en matière d’innovation », avec l’idée de « faire le lien entre recherche fondamentale et entrepreneuriat », souhaite Emmanuel Lebrun-Damiens.

Et le service culturel scrutera les questions de société soulevées par l’innovation. L’effet du développement d’Uber sur le droit du travail et la réglementation, en est un exemple. « La Californie a été confrontée à ces questions avant la France et des universitaires d’ici s’y penchent. »

Autre centre d’intérêt : les études sur le genre. « Le service culturel met cette année la priorité sur les gender studies », très prégnantes dans la société californienne, avec l’idée d’encourager les échanges universitaires transatlantiques.

Enfin, côté services consulaires, l’institution entend être dans les premières à tester  l’envoi des passeports par courrier sécurisés ou l’inscription au registre des Français de l’étranger par voie électronique et non plus uniquement postale.

Amateur de musique classique, de littérature et de sports d’extérieur, Emmanuel Lebrun-Damiens dit attendre avec impatience l’arrivée de son vélo, en transit « entre Marseille et San Francisco, dans le déménagement » pour explorer la Baie.

Lui qui aime « découvrir une région à travers ses écrivains » a par ailleurs inscrit le Bay Area Book Festival de Berkeley à son agenda.