Emilie Simon et l’énergie de Williamsburg

Une voix cristalline, quasi enfantine, une coiffure improbable et un look rétro, parfois gothique : Emilie Simon possède un univers bien à elle. La montpelliéraine était en concert au Joe’s Pub à New York, vendredi dernier, pour interpréter son dernier album The Big Machine. «Ce soir, on va avoir beaucoup d’électronique», annonce-t-elle. Synthétiseur, pédales, clavier et ordinateur sont prêts à être installés sur scène pour sa prestation solo. Seuls deux musiciens l’accompagnent : Darren Beckett à la batterie et Adam Chilenski à la basse.

Emilie Simon a «immédiatement adoré» le Joe’s Pub, et c’est un lieu qu’elle connaît bien, pour l’avoir pratiqué à ses débuts dans la Big Apple. Le 15 novembre 2006, la chanteuse électro-pop sortait en effet son premier album aux Etats-Unis, intitulé The Flower Book. Une compilation spécialement dédiée au marché américain, avec  les meilleurs morceaux de ses trois albums français.

L’Anglophone The Big Machine, quatrième album studio d’Emilie Simon, a été créé et enregistré à New York, où elle réside depuis trois ans. Une installation non planifiée. En vacances à Montréal, elle fait un tour à New York, tombe amoureuse de la ville et dans la foulée décide de s’y installer. Son premier appartement new yorkais est situé en plein Chinatown.  «Très old school, tout en bois, avec le parquet abîmé», décrit la musicienne. Cela donnera matière à la chanson « Chinatown », quatrième titre de l’album.

Arrivée à New York avec seulement son ordinateur et un enregistreur vocal, l’artiste aux triples Victoires de la musique, s’interdit d’utiliser l’ordinateur pour se concentrer sur les mélodies piano-voix, puis laisse évoluer les mélodies et les arrangements jusqu’à trouver leur structure définitive. Une façon de composer radicalement différente, pour celle qui est issue d’une formation musicale classique, et qui s’imposait. « J’aime changer de contexte pour absorber de nouvelles choses », explique Emilie Simon. A l’image de la pieuvre qui l’entoure, sur la jaquette de The Big Machine. « La pieuvre est multi fonctions, elle change de texture, elle a plusieurs cerveaux. La  symbolique est intéressante », affirme l’artiste, qui est elle-même auteur, compositeur et interprète. Pour réaliser cet album, elle s’est entourée de musiciens et de collaborateurs américains, comme Jeremy Galla ou Kelly Pratt (membres d’Arcade Fire), Mark Plati (producteur pour Bashung, Bowie, The Cure, Louise Attaque), Teitur ou l’écrivain anglais Graham Joyce, qui a co-écrit 4 des 12 chansons de l’album.

A New York, la jeune femme a donc trouvé l’énergie et la créativité nécessaires à la réalisation de The Big Machine (sorti en France en 2009) qui apparaît comme un véritable virage dans sa carrière. «Les gens sont très curieux, ils ont une énergie positive, déclare Emilie Simon. Surtout à Williamsburg (où elle habite), qui est un quartier très actif d’un point de vue artistique.» Celle qui aime explorer les salles de New York et découvrir notamment des artistes underground comme Team B, a donné en 2008 l’un de ses premiers concerts new yorkais au Cutting Room (24e rue, entre Broadway et la 6e Avenue).

New York nourrit aussi une culture de la mode vintage. Une aubaine pour la musicienne aux tenues de scène toujours très travaillées. Ce soir là, elle porte une robe à jupons Mandy Coon. Un tube blanc est glissé  comme un diadème dans ses cheveux relevés. « C’est ma mère, en visite pour quelques jours, qui m’a coiffée. Elle est très créative. » Elle aussi.

Album : The Big Machine (Barclay/Universal)

Retrouvez les dates des prochains concerts d’Emilie Simon sur son site internet : http://www.emiliesimonmusic.com/

Plus d’infos sur son label Le Plan Music, à New York, ici : http://leplanmusic.com/

Cutting Room