Elsa de Noblet, avocate devenue architecte d’intérieur: “Il faut savoir lâcher prise”

Elsa de Noblet (credit: Thomas Chesseboeuf - @thomchess)

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Le site de The Maze

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Lorsqu’Elsa de Noblet s’installe à New York avec son mari en avril 2013, elle est confrontée à un choix : poursuivre sa carrière d’avocate d’affaires ou en profiter pour se lancer dans une nouvelle aventure. Très vite, la balance a penché vers la deuxième solution.

Aujourd’hui, elle est architecte d’intérieur et entrepreneur. Employée par l’agence Dutch East Design à Manhattan, elle et son amie Annabelle Papillard viennent de lancer The Maze, un site qui propose de découvrir New York sous le prisme du design.  « L’idée du site est née de notre envie commune de faire partager nos adresses et nos coups de cœur sur tout ce que New York a à offrir en terme de design. Nous sommes parties du constat qu’ici, beaucoup plus qu’en France, le design est un marché professionnel. Les gens sous-traitent à des décorateurs et sont donc moins en contact avec les tendances et au courant des bonnes adresses.»

Le site, qui s’adresse à la fois aux aficionados du design mais aussi à tous ceux qui visitent la ville, comporte cinq thématiques (les promenades par quartier, les bonnes adresses, les lieux où travailler, les lieux d’inspiration et où participer à des ateliers en rapport avec le design), le tout avec une dimension “découverte” de New York, très présente.

La passion de la Française pour le design est ancienne. Celle qui rêvait en classe de première de devenir architecte effectue, il y a plusieurs années, un camp d’été à la Pratt Institute, une école de design réputée de Brooklyn. Mais l’expérience tourne court par peur de l’échec.

Tentative avortée qui ne sera jamais totalement digérée. « Et si j’avais persévéré ?» Le retour à New York est l’opportunité ou jamais de savoir. « J’avais envie de profiter de New York pour faire autre chose. Pas par rejet de ce que je faisais, mais pour vivre l’expérience en tant que telle et non pas uniquement comme femme d’expatrié. »

Et rejoindre les cabinets d’avocats de la ville n’était pas forcément évident à cause du manque d’équivalence entre le droit américain et le droit français. « Il aurait fallu que je passe le barreau. Pour être honnête, ça m’a bien arrangé que ce soit difficile d’exercer ici, avoue-t-elle. Mais surtout, je voulais me confronter à ce nouvel environnement pour vivre une expérience humaine».

Mais on ne s’improvise pas architecte d’intérieur pour autant. Elle s’inscrit alors à la Parsons School of Design avec l’ambition de « peut-être » changer de carrière. « Les choses se sont déroulées progressivement. » Après deux ans de cours le soir et le week-end, cette occupation était devenue une formation professionnelle. Elle se voit proposer un poste par un professeur qui monte son agence. « Cette embauche m’a permis de valider et concrétiser mon changement de carrière et de vaincre le syndrome de l’imposteur. Avant cela, j’avais toujours l’angoisse de me dire : “Et si je n’ai pas de talent ? »

Aurait-elle fait le même choix si elle était restée en France ? « Ailleurs probablement. Mais en France, cela aurait été plus difficile. Il faut savoir lâcher prise. A l’étranger, on se sent plus libre d’aller vers des terrains inconnus. » Un choix payant à l’entendre, car aujourd’hui, même en cas de retour à Paris, elle ne se voit pas retourner dans le droit « car j’ai pris goût à l’aspect entrepreneurial et c’est New York qui l’a débloqué. » 

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