Elsa Berry prend la tête de la Chambre de Commerce

“Je la joue à l’américaine; je suis ‘president-elect'” s’amuse Elsa Berry. Elue en octobre, elle ne prendra la tête de la Chambre de commerce franco-américaine (chapitre New York) qu’en début janvier. “Deux nouveaux jobs d’un coup, ça faisait beaucoup…”. Car fin octobre, Elsa Berry a aussi changé de “day job”, en prenant ses fonctions chez Houlihan Lokey, un spécialiste des fusions-acquisitions, où elle est désormais patronne du secteur “luxe et produits de consommation de marques”. Elle avait quitté au printemps BNP Paribas, où elle travaillait depuis 1989, après le rachat par la banque française de son cabinet en fusions et acquisitions, Vendôme & Company, qu’elle avait créé en 1983, trois ans seulement après sa sortie d’HEC.

A la BNP, elle a notamment orchestré la vente de Wild Turkey par Pernod Ricard à Campari, celle des Laboratoires Vendome à Johnson & Johnson ou encore de la partie cinema et télévision de Vivendi Universal à NBC. Elle se consacrera également aux transactions internationales chez Houlihan Lokey, qu’elle rejoint avec deux de ses anciens adjoints, Louis Fabregas et David Muson.

Contactée pour prendre la tête de la Chambre de commerce, Elsa Berry avoue avoir été d’abord reluctante. “J’étais membre, mais pas beaucoup impliquée. Pendant 13 ans, j’ai été très absorbée par le Lycée Français” (elle en a présidé le “board” pendant dix ans). Puis, dit-elle, elle s’est aperçue que l’organisme avait “une place très importante dans la vie des affaires franco-américaine. La Chambre n’a jamais eu autant de membres, plus de 700, et l’équipe en place est très compétente”.

La future nouvelle président a donc deux mois de répit avant de prendre la tête de l’institution qui fut menée pendant près de trente ans par Serge Bellanger, un autre banquier (CIC), décédé en décembre 2009 à l’âge de 76 ans. Omni-présent et grande figure de la communauté des affaires franco-newyorkaise, Serge Bellanger avait fini par incarner la Chambre à lui tout seul. Mais il en faut plus pour impressionner la banquière, qui s’est imposée dans un univers toujours connu pour son machisme…

Forte de sa double culture (née à New York de parents américains elle a été élevée en France), elle espère aider les entreprises françaises à “mieux comprendre l’Amérique” et entend aussi rassembler les petites entreprises et “devenir un vivier de personnes intéressantes pour les entreprises, par exemple en multipliant les liens avec des institutions comme le Lycée, les grandes écoles, etc”.

Le secret pour arriver à tout mener de front? “Ce n’est pas moi qui vais tout faire: j’ai un style de management collaboratif. J’ai un conseil d’administration et je vais le faire travailler!”.