Election consulaire à Los Angeles: “Le système des bourses est devenu monstrueux”

Trois questions à Gérard Michon, tête-de-liste de « Français du Sud-ouest américain : Union républicaine de la droite et du centre (UFE et UMP) ».

Pour rappel, les élections consulaires ont lieu du 14 au 20 mai jusqu’à midi heure de Paris pour le vote par Internet et en personne à l’urne le 24 mai (dans le bureau indiqué par courrier par votre consulat)

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Trois choses que l’on sait (ou pas) sur vous et sur votre lien avec la circonscription.

La règle du genre veut que le candidat qui mène une liste serve d’interlocuteur, mais rappelons que je fais partie d’un groupe de huit candidat(e)s dans la même barque, animés de la même dévotion.

Etabli à Los Angeles depuis 34 ans, les Français de la circonscription m’ont fait confiance pour les défendre depuis 20 ans.  Je ne me glorifie ni de la durée ni de quelques succès à leur service, pas plus que je ne cherche d’excuses pour les échecs.  Le seul Devoir d’un élu est d’écouter et de comprendre pour intervenir intelligemment, tant pour défendre des cas particuliers que pour faire évoluer les règles générales. «Fais ce que dois, advienne que pourra.»

Les conseillers consulaires n’auront qu’un rôle consultatif. Qu’est-ce que cette élection va changer pour les Français de la circonscription?

J’aime peu la façon dont la question est posée quant au futur rôle «consultatif» des nouveaux élus. Le mot n’est qu’une précision technique. Il n’implique pas que les avis que rendront les Conseils consulaires aient vocation à rester lettre morte. Si l’Administration devait prendre l’habitude de passer outre, ça serait un dysfonctionnement qu’il faudrait dénoncer comme tel. Les responsabilités «consultatives» sont, dans nos sociétés, les équivalents du «feedback» dans tous les autres types d’organismes, vivants ou artificiels… Par exemple, pour saisir un œuf sans le casser, les muscles de la main ne suffisent pas. Il faut vouloir saisir l’œuf et pouvoir le voir ou de le toucher.  L’analogie mériterait qu’on s’y attarde…

Pour que ces élections leur apportent quelque chose, il faut d’abord que les Français s’y  intéressent. J’espère que le taux d’abstention ne sera pas encore aggravé par les problèmes du vote électronique (qui a trop vite éliminé le vote par correspondance postale). Il est indispensable que chaque cercle d’amis s’organise pour aider tout le monde à voter. Les élus consulaires seront plus nombreux que les anciens élus AFE. Ils seront au moins aussi accessibles. Plus les Français utilisent leurs élus, plus ceux-ci seront efficaces et entendus.

La légitimité que confère le suffrage universel est indispensable mais n’est pas suffisante; les électeurs doivent garder le contact avec leurs élus, et réciproquement.

Fiscalité, éducation, santé… Les propositions des listes se ressemblent souvent. Quelle est l’idée ou les idées qui vous distinguent des autres?

Le système actuel des bourses scolaires est devenu monstrueux. Dans notre profession de foi officielle, nous proposons de le remplacer par un système transparent radicalement nouveau, suivant lequel chaque établissement recevrait une enveloppe proportionnelle au nombre de Français scolarisés, à charge pour lui d’octroyer des bourses aux familles qui en ont besoin.

Actuellement, l’AFE produit des vœux d’intérêt général (mondial) et des motions locales. Il faut instaurer pour les nouveaux élus un moyen similaire d’interpeller l’Administration centrale.

Ces élections d’un type nouveau ont été voulues par le Gouvernement, surtout (soyons clairs) pour que les actuels conseillers à l’AFE, majoritairement de droite, n’élisent pas à l’automne les prochains sénateurs des Français de l’étranger. Tant pis, nous nous emploierons à faire évoluer le système illogique que ceci a fait naître en un outil de représentation au service de tous, contre les abus gouvernementaux qui se multiplient à l’encontre des Français établis hors de France.