Le E-1, visa du commerce

François Foulquier, directeur des ventes à Technobake

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Dans "Histoires de visas", on vous raconte le parcours de Français aux Etats-Unis à travers leur visa. Si vous voulez partager votre histoire, écrivez à [email protected]

Quand on dit “Ambassade des Etats-Unis en France“, on pense à une salle remplie de gens stressés qui attendent que leur numéro soit appelé en se demandant s’ils tomberont sur un agent gentil. Pas François Foulquier. “Pour le E-1, on est convoqué l’après-midi. La salle était vide. Je suis rentré et on m’a tout de suite pris. L’agente m’a posé des questions. Elle était super sympa. Il n’y a pas eu de pièges. Pour les visa E-1, ils aiment bien être au calme pour regarder les dossiers en profondeur“.

A la différence du E-2, accordé aux investisseurs étrangers, le visa E-1 est donné aux individus qui participent aux échanges commerciaux (services, biens, finance, tourisme…) avec les Etats-Unis. Plusieurs conditions générales sont nécessaires pour l’obtenir: le demandeur doit être issu d’un “pays avec lequel les Etats-Unis ont un traité commercial ou de navigation“, selon l’USCIS. L’entreprise du demandeur doit être en mesure de prouver qu’elle réalise des échanges “substantiels” – c’est-à-dire “continus” et impliquant des transactions “de taille conséquente” – avec les US. Le business avec les Etats-Unis doit représenter plus de 50% du volume des transactions réalisées par l’entreprise en question.

Cela n’a pas été difficile à prouver pour François Foulquier. L’Orléanais est venu aux Etats-Unis pour être directeur national des ventes chez Technobake, une entreprise basée à Saint-Louis (Missouri) qui importe les produits Panibois. Cette société du nord de la France est une référence sur le marché des produits boulangers (planches, moules de cuisson en bois, chaussures spéciales, ustensiles…).

Technobake commercialise aussi les fameuses vestes pour chefs Clément. “Il fallait prouver que je pouvais faire le job mieux qu’un Américain mais aussi montrer le volume d’importation qu’on passait… On avait pris des photos du building, des entrepôts et des produits pour prouver qu’on existait bien. C’était beaucoup de paperasse”.

François Foulquier commence sa carrière à Panibois en alternance en 2013. La marque, peu présente aux Etats-Unis, décide de l’envoyer outre-Atlantique pour développer le marché. “J’avais étudié à Londres, je parlais anglais. Je voulais rester dans l’international. Je n’avais pas les Etats-Unis en tête, même si j’aimais bien le pays. J’avais été en vacances. On avait accueilli un Américain chez nous“, explique-t-il. Son diplôme en poche en 2015, le voilà donc dans un avion en partance pour Saint-Louis, en VIE à Technobake.

Satisfait de son travail, son patron veut l’embaucher. “On a regardé dans quelle case de visa je pouvais rentrer”. Le E-1 paraissait l’option la plus adéquate. Malheureusement, son VIE n’attend pas. François Foulquier doit rentrer en France à la fin de son volontariat. S’en suit une longue, très longue, attente de près d’un an sans savoir s’il allait repartir. “Pour ne pas perdre la main“, il travaille en horaires décalés et traite les demandes à distance. “C’est long à vivre. On est en France mais on ne peut pas s’installer car on doit bientôt repartir“.

En 2017, dix mois de procédure plus tard et un dossier “qui n’est jamais arrivé” à l’ambassade américaine, François Foulquier obtient son E-1 pour une durée de cinq ans renouvelables (tant qu’il travaille pour son sponsor).

S’il retrouve la petite équipe de Technobake avec plaisir, on ne peut pas en dire autant de la ville de Saint-Louis. “C’est au milieu de nulle part, souffle-t-il. Mais les habitants du Midwest sont très accueillants. Je me suis fait des amis qui m’invitent à Thanksgiving. C’est très familial“. De toute manière, il n’est pas souvent au bureau. Sa clientèle de boulangers, pâtissiers, d’hôtels, de casinos et les salons professionnels l’amènent en Floride, Californie et à New York. Outre cette population de professionnels de la restauration, il vise aussi les communautés de “home bakers” américains, très actifs. “Il y a une perspective d’evolution. On a fait +30% quand je suis arrivé. Cette année, on est à +40%. Le marché est énorme“.

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