Du pétrole aux montres vintage, Laurent Martinez a pris son temps

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Laurent Fine Watches
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C’était maintenant ou jamais“. Aux portes de la cinquantaine, Laurent Martinez a fait le grand saut. Depuis le mois de janvier, cet ancien chef d’entreprise dans le domaine des énergies a décidé de vivre de sa passion : les montres de collection. Une seconde vie, après une carrière épanouie dans d’autres domaines, bien loin du “tic tac” qu’il apprécie tant.

Il y a plus de vingt ans, Laurent Martinez s’installe à Greenwich dans le Connecticut où il travaille pour une société d’information financière. En 2002, il fonde sa propre boîte, dans le domaine des services en ressources humaines, avec pour objectif de “fournir des ingénieurs dans le monde entier pour des grands projets pétroliers, soit comme chasseur de tête, soit via de l’assistance technique”, explique Laurent Martinez, qui continue à gérer cette entreprise.

Au bout d’une dizaine d’années, le spécialiste en énergies fossiles sent le vent tourner et se réoriente en partie vers le renouvelable. “En 2013, le prix du pétrole a commencé à chuter. J’ai commencé à regarder l’industrie des énergies vertes, un secteur qui est malheureusement très compliqué, qui varie selon les politiques de l’environnement, explique Laurent Martinez. Ce n’était pas exactement ce que j’espérais. Il faut constamment trouver des fonds, ce qui rend le domaine instable”.

Finalement, il décide d’assouvir une passion d’enfance. Depuis l’âge de 15 ans, le Français collectionne en effet les montres vintage. “Mon cœur est dans les montres anciennes, de la période des années 1930 jusqu’aux années 1960″, confie-t-il. Une passion qui l’amène à postuler chez les grands horlogers dès sa sortie d’école de commerce. Sans succès, il s’oriente vers le pétrole, sans jamais laisser les montres de côté.

Peut-être qu’inconsciemment, j’ai développé une sorte de frustration. J’ai toujours aimé les montres. Les gens qui me connaissent me disent en général que c’est la première chose dont je parle”, confie l’entrepreneur. Poussé par ses proches, l’idée d’une reconversion fait son chemin. A l’automne 2016, Laurent Martinez échange par hasard avec l’ancien directeur financier de Steve Cohen, l’un des plus grands hedge funds des Etats-Unis. “Je lui ai présenté mon projet et il m’a dit: ‘vas-y c’est génial, fonce !’ “.

Je n’avais pas de pression financière, donc j’ai décidé de suivre ma passion, à tâtons d’abord”, explique-t-il, lui qui a d’abord compté sur sa collection personnelle pour lancer sa nouvelle entreprise. En janvier 2017, il ouvre son site web Laurent Fine Watches, conçu par son ami de longue date, Olivier Nicolle, avec qui il avait déjà travaillé sur l’initiative du drapeau du souvenir en hommage aux victimes du 11-Septembre.

Depuis, le Français parcourt le monde à la recherche de modèles rares, qu’il pourra revendre à New York et ailleurs, grâce à son site web ou ses contacts personnels. “Je connais des maisons de vente aussi, qui me reconnaissent dès qu’elles décrochent le téléphone à cause de mon accent. C’est un avantage”, s’amuse Laurent Martinez. Une autre part importante de sa nouvelle activité, à l’instar de ce qu’il pouvait déjà faire dans le milieu pétrolier, reste le conseil et l’expertise : “J’achète des montres pour des clients et je les conseille. Malheureusement, il y a de plus en plus de contrefaçons aujourd’hui. […] Acheter une montre de collection est un véritable investissement et une responsabilité que certains clients ne veulent pas prendre seuls.

Pour traquer au mieux ces fausses montres, le collectionneur a participé à plusieurs formations depuis le lancement de sa nouvelle activité. “Bientôt, je vais prendre part à une formation universitaire pour devenir American Society Appraiser. Je vais être certifié, ce qui va me permettre d’aborder d’autres marchés”.

Même s’il n’a pas mis un terme à son ancienne activité, Laurent Martinez est assez surpris de la tournure qu’a pris sa nouvelle entreprise. “J’aurais pu le faire plus tôt mais chaque chose en son temps […] Ce qui m’a un peu ralenti, c’est peut-être l’âge et le fait que ma société marchait bien“.

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