Avec un conteneur de rosé à écouler, elle s’est retroussé les manches

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L’entrepreneure française Dominique Vassos importe Dominique Rosé, son propre cru, aux États-Unis

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Dominique Rosé
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Avec plus de 33 millions d’hectolitres de vin consommés en 2018, les États-Unis restent sur la première marche du podium des consommateurs au monde, selon l’Organisation internationale de la vigne et du vin. À Miami, Dominique Vassos espère bien surfer sur cette vague enivrante. À 58 ans, l’entrepreneure française s’est lancée dans l’aventure vinicole en important Dominique Rosé, son propre cru, au pays de l’Oncle Sam. Un parcours semé d’embûches.

C’est un étonnant concours de circonstances qui a mené Dominique Vassos, expatriée depuis 2014 à Miami pour suivre son mari, à cette reconversion dans le secteur viticole. Il y a deux ans, lors d’un séjour estival à Pierrefeu-du-Var, son village natal, la Française a repris contact avec le fils d’un vigneron, l’un de ses amis d’enfance, qui avait repris le domaine familial et qui cherchait à s’implanter sur le territoire américain. « Sur le ton de la plaisanterie, il m’a proposée de concevoir ma propre cuvée afin de l’importer aux États-Unis », raconte la cinquantenaire qui a fait carrière dans le domaine du design et de la mode. « La discussion a rapidement pris une tournure beaucoup plus sérieuse car j’avais à nouveau besoin de me sentir utile et de trouver une occupation, j’ai donc décidé de saisir cette opportunité ».

Après avoir suivi toute la production de sa cuvée et découvert chaque étape de fabrication, de l’assemblage des cépages jusqu’à la confection de l’étiquette, Dominique Vassos a fait partir un conteneur renfermant près de 13.000 bouteilles de Côtes de Provence en direction des États-Unis. « La cargaison était conséquente mais je ne pensais pas avoir de difficultés à l’écouler car je m’étais rapprochée d’un distributeur travaillant avec de nombreuses enseignes sur le territoire américain, précise la Française qui a rapidement déchanté une fois son conteneur débarqué au port. Le distributeur n’a plus donné signe de vie, soupire-t-elle. J’ai fait preuve de naïveté et de confiance aveugle en convenant d’un accord avec lui sur une simple promesse orale ».

En se retrouvant avec son conteneur sur les bras, Dominique Vassos a dû se résoudre à se retrousser les manches. « J’ai endossé le rôle de vendeuse pour aller faire du porte-à-porte car je ne pouvais plus faire marche arrière après un tel investissement », indique l’entrepreneure qui, novice dans un marché compétitif, a enchaîné les déconvenues. « Sans distributeur, il est très difficile de se faire une place, confie-t-elle. Je dois me battre au quotidien pour tenter d’imposer un vin de vigneron indépendant avec un véritable savoir-faire, tandis que les gens semblent davantage s’intéresser aux marques connues, ce qui est assez frustrant ».

Sa persévérance a fini par payer. Une douzaine d’établissements de Miami, Palm Beach et Naples proposent aujourd’hui le vin de Dominique Vassos. Elle assure avoir écoulé près des trois quarts de sa cargaison en l’espace de huit mois. « C’est très encourageant mais je vais avoir besoin d’aide pour la suite de cette aventure qui est extrêmement éprouvante et chronophage », lance la Française qui aurait enfin trouvé un distributeur avec qui travailler. « C’était inespéré d’autant plus que la cuvée 2018 va bientôt arriver aux États-Unis, se félicite-t-elle. Seulement cette fois-ci, je vais y aller progressivement pour ne pas reproduire les mêmes erreurs et me retrouver avec des dizaines de palettes de bouteilles de vin sur les bras ».

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