Désespéré comme un entrepreneur en France

C’est la rentrée! Et pour le gouvernement Ayrault, tout juste revenu de vacances, elle est synonyme de mauvaise nouvelle: l’augmentation du taux de chômage. “Le nombre de chômeurs en France a dépassé la barrière des 3 millions pour la première fois depuis 1999. Un taux qui rajoute de la pression sur le président François Hollande, dont le gouvernement est critiqué pour ne pas en faire assez concernant la crise économique”, affirme l’agence de presse Associated Press dans un article repris par plusieurs médias américains.

La France contre ses entrepreneurs

Que faire pour sortir du chômage? On peut chercher du travail ou alors, créer son entreprise. Le Washington Post s’intéresse lui à cette seconde option. Or, en la matière, le constat dressé par le quotidien est sévère : se lancer en France est une mission impossible.“Les entrepreneurs se battent contre la culture du “non”, affirme-t-il.

Alexandre Marciel fait partie de ces entrepreneurs auxquels on a dit « non ». Ce Toulousain s’est vu refuser son projet de start-up écolo, ce qui montre, selon le journaliste, « combien il est difficile d’innover au pays de l’aversion au risque ». Et de raconter que Marciel a été malmené par les banques françaises qui ont refusé tour à tour son projet révolutionnaire. Cela « suggère pourquoi sortir du moule […] est si difficile pour les futurs entrepreneurs de France. »

Même traitement pour Laurent Villerouge, qui était pourtant “excité de devenir riche en économisant de l’énergie”. Le Washington Post est conforté dans ses propos : “Banque après banque, ministère après ministère, la France n’a pas voulu prendre le risque de s’aventurer dans le projet de Villerouge.” Et de remuer le couteau dans la plaie : “Enfin, frustré et se sentant trahi par sa patrie, il demande de l’aide à une connaissance aux Etats-Unis” qui n’hésitera pas une seconde à se lancer dans le projet, contrairement à la “vieille” France qui “a toujours dit niet” à son enthousiasme.

La faute à qui ? Comme tous les chemins mènent à Rome, les maux de la France mènent tous au système de protection sociale à en croire nos amis américains. Le Washington Post cite Villerouge : “Ce n’est pas par accident, note t-il, que la France bénéficie d’un des meilleurs systèmes de protection sociale du monde, d’une assurance santé qui fait envie à ses voisins, et d’un système de retraite confortable. […] Les gens veulent être en sécurité, il y a trop d’aides pour les Français.” Avant de conclure : “Les notions d’audace ou d’innovation ne sont pas dans le programme des écoles françaises”.

Tourisme sauvage à Saint-Circq Lapopie

Pour terminer cette revue de presse, direction Saint-Circq Lapopie. Ceux qui ont suivi l’émission de France Télévisions “Le plus beau village de France” auront entendu parler de cette cité médiévale du Lot, perchée sur des falaises vertigineuses et qui est en passe de devenir la nouvelle destination numéro un des Français.

Dans cette petite bourgade, la modernité n’a pas le droit de cité, selon le Los Angeles Times, qui lui consacre un article. « Il existe peu de signes de la vie moderne; pas de câbles téléphoniques, pas d’antennes paraboliques, pas de fils électriques. […] Même avec le transport du XXIe siècle, Saint-Cirq-Lapopie n’est pas facile à atteindre.” 

Le quotidien ne s’y intéresse pas pour son côté plus que rétro, mais parce que le village est pris d’assaut par des hordes de touristes barbares, comme dans le bon vieux temps ! “Après avoir vu les armées de fiefs rivaux durant des centaines d’années, Saint-Cirq-Lapopie est aujourd’hui confrontée à une invasion d’un genre différent: les touristes.” Des touristes sans pitié qui partent à l’assaut, par bus entiers, de ce petit village de France : “Une arme à double tranchant similaire à celle des anciens assaillants”, note le quotidien. Parmi les Saint-Circquois règne l’omerta : “Personne ne veut exprimer ouvertement son mécontentement par rapport aux foules de touristes, mais il y a beaucoup d’allusions anonymes agacées “. Seuls la directrice de l’agence de tourisme et le maire Hardeveld semblent y trouver leur compte et poussent à la croissance du tourisme, selon le journal. Monsieur le Maire souligne que “à la fin de la journée, les touristes sont partis et nous avons tous dormi paisiblement.” Le mot est passé, il faut sauver Saint-Circq-Lapoupie !