Des Français s’échappent d’Alcatraz

Il est 7h30 dimanche matin et un léger voile de brume recouvre encore le Golden Gate Bridge. A quelques dizaines de mètres d’Alcatraz, 2 000 athlètes venus du monde entier patientent sur un bateau de croisière. Dans quelques minutes, ils vont tenter de s’échapper d’Alcatraz.

“Escape from Alcatraz” est un triathlon célèbre dans le monde des coureurs de fond, “à faire au moins une fois dans sa vie“, raconte Marie-Clémence Prat. A 21 ans, la jeune Strasbourgeoise appréhende la température de l’eau, à peine 13° ce matin.

Le coup d’envoi est donné; par grappe, les nageurs s’élancent dans l’eau glacée. Ils doivent parcourir 2,4 km à travers les forts courants de la baie de San Francisco.
 A peine sortis de l’eau, il faut enfourcher le vélo et c’est parti pour 29km le long de la baie, à travers le parc du Présidio et sur les falaises qui surplombent l’océan Pacifique. Les écarts se creusent, la souffrance commence à se lire sur certains visages. Il faut pourtant enchaîner 13km de course à pied dont une grande partie dans le sable de Baker Beach. Ultime supplice : un escalier de sable de 400 marches.

 “Dans les marches, c’était impossible de courir“, avoue Christophe Marguerie allongé sur la table de massage. Ce quadragénaire parisien a découvert le triathlon il y a deux ans seulement et compte déjà quatre courses à son palmarès. “L’eau, finalement, je ne l’ai pas trouvée si froide, je m’étais entraîné en Normandie dans la mer à 8° alors ça a été“, enchaîne-t-il.

C’est quand même mythique ce départ depuis Alcatraz“, rétorque son ami Pascal Boucherie, lui aussi venu de France pour participer au triathlon de San Francisco. “Sauter du bateau, les courants incroyables dans la baie, la difficulté pour garder sa trajectoire, tout cela donne une atmosphère un peu effrayante et c’est vraiment sympa“.

Réputée pour sa difficulté, l’épreuve de natation est particulièrement longue et les parcours de course à pied et de vélo présentent de forts dénivelés. Le triathlon de San Francisco est aussi connu pour son décor : l’île-prison d’Alcatraz, le Golden Gate bridge, les collines et les vagues du Pacifique en toile de fond.  “C’est exceptionnel comme endroit !” lance Christophe. “D’ailleurs, on vient plutôt pour  finir cette course que pour faire un temps particulier, pour prendre du plaisir surtout “, rajoute Pascal, assez fier de sa médaille “Escape from Alcatraz 2012”.

Car si le vainqueur, l’Américain Andy Potts, un tri-athlète champion olympique a fini sa course en 2h et 3 minutes, les derniers ont mis plus de 6h.

Marie-Clémence est contente elle aussi, “c’est le meilleur triathlon que j’ai fait, le cadre est super et l’ambiance extraordinaire, il y a du monde presque tout le long du parcours pour nous encourager“. La jeune Française termine 2ème de sa catégorie, les filles de moins de 24 ans.