Depardieu, le retour

La semaine dernière, nous n’avions pas eu de nouvelles de notre cher ami, le très rus(s)é, Gérard Depardieu. Voilà que l’acteur fétiche du cinéma français commençait à nous manquer.

Heureusement, le New Yorker a pensé à nous ! Dans une tribune, L’Etranger, en hommage au célèbre roman d’Albert Camus, Lauren Collins prend la défense de l’acteur, dans un style très… New Yorker. Elle s’interroge notamment sur le rapport de Gérard Depardieu au passé – c’est un « disciple de l’Histoire » –, aux lettres – c’est un « Rabelaisien sensualiste et non un escroc balzacien » – et bien entendu l’argent. « Conscient de l’ambivalence française envers l’argent, il s’est longtemps présenté, malgré ses succès dans les affaires, comme un homme de la nature ». En appelant sa décision de s’exiler à Nechin « minable », Jean-Marc Ayrault passe pour le politicard de service, qui a vu dans l’exil fiscal de Depardieu l’opportunité de « lui faire la leçon », dans l’espoir d’éviter que d’autres grandes fortunes quittent le navire.

Mais c’était sans compter le tonitruant « Gégé », qui a déclaré dans la foulée qu’il rendait son passeport. “Son cri du cœur n’était pas fait pour être lu, pour bien pour être entendu. C’était un acte oratoire, empruntant à l’ethos (“Je suis né en 1948, j’ai commencé à travailler à l’âge de 14 ans comme imprimeur, comme manutentionnaire puis comme artiste dramatique”), au logos (“J’ai payé 145 millions d’euros d’impôts en quarante-cinq ans, je fais travailler 80 personnes dans des entreprises qui ont été créées pour eux et qui sont gérées par eux”), et au pathos (“Tous ceux qui ont quitté la France n’ont pas été injuriés comme je le suis”), analyse Lauren Collins. Gérard Depardieu a quitté la France, en faisant sa propre éloge”.

En se référant à la définition de “minable” de l’Académie Française (“une apparence qui trahit la pauvreté“), Lauren Collins ironise sur la faute de français de Jean Marc Ayrault : “Il a traité de pauvre un homme riche !”. 

La France, partrie de l’amour

Le mariage gay est de retour également. Olgan Khazan, dans le Washington Post, établit un lien, loin d’être évident, entre François Mitterrand, Jacques Chirac et Dominique Strauss Kahn (ces hommes à femmes) et les difficultés pour le peuple français à accepter le mariage gay : “Pendant des décennies, il était admis en France que les homosexuels faisaient tout ce qu’ils voulaient en privé – comme les hommes et femmes mariés. Mais en voulant légaliser ce mariage, les socialistes ont vu une manifester une grande partie de la population, qui aurait certainement préféré garder ça sous le tapis“.

Mais c’est Marilyn Yalom, auteure du roman How the French Invented Love et d’une chronique dans le Wall Street Journal, à l’occasion de la Saint-Valentin, qui parle le mieux d’amour. Elle rappelle notamment que les Français ont, les premiers,  « transformé, dans les histoires et chansons médiévales, le cœur en symbole de l’amour ».

L’article retrace l’historique de l’amour et du romantisme dans la culture française, du Moyen-Age à nos jours. C’est d’ailleurs quand elle aborde la période actuelle que les observations de l’auteure en surprendront plus d’un: “La fascination française pour le romantisme et l’érotisme ne prend pas fin avec le mariage et les enfants, et c’est peut- être ce que les Français ont de plus beau à nous apprendre. J’ai, à plusieurs reprises, été étonnée par tous les efforts consentis pour les couples français pour maintenir l’aura du romantisme dans leurs mariages“. Rappelons qu’un mariage sur deux en France se solde par un divorce!

Marilyn Yalon ne nous en tient pas rigueur. Elle souhaite même que les Américains suivent notre exemple : « Tandis que les couples américains sont plus susceptibles d’échanger des cadeaux avec leur Valentin(e) que les français, nous regardons toujours en direction de la France pour trouver des expressions d’amour sensuel. De la même manière que nous louons le vin, la nourriture et la mode, à ce moment de l’année, nous pourrions vouloir une dose de passion française. Chers maris, emmenez votre femme  voir un film français ce soir! »