Débarquement: politique et mémoire pour Trump et Macron en Normandie

crédit: Maison-Blanche

Multilatéralisme contre patriotisme : les présidents français et américain ont prononcé des discours aux tonalités différentes au cimetière de Colleville en Normandie, jeudi 6 juin, lors des cérémonies du 75e anniversaire du Débarquement allié.

Donald Trump a eu beau parler de relations “exceptionnelles” avec Emmanuel Macron, le président français s’est montré légèrement plus incisif dans ses références à la politique extérieure américaine. S’adressant directement à son homologue américain dans un éloge du bilatéralisme, le président français a dit que “nous ne devons jamais cesser de faire vivre l’alliance entre les peuples libres […]. C’est ce que firent les États-Unis en créant l’Organisation des Nations unies puis l’OTAN. C’est ce que firent ces dirigeants de ce continent en faisant advenir l’Union européenne, a-t-il rappelé. Monsieur le président des États-Unis, renouvelez sans cesse ce pacte unissant les États-Unis et la France à la liberté. J’y suis prêt cher Donald Trump, le peuple de France est prêt, à faire vivre l’amitié entre nos deux nations qui ont tant apporté à l’histoire des Hommes”.

Les mauvaises langues verront dans ses propos une allusion subtile au slogan “Make America Great Again” : “L’Amérique n’est jamais aussi grande que lorsqu’elle se bat pour la liberté des autres”.

Donald Trump, lui, a prononcé un discours en forme de long récit épique à la gloire de la nation américaine et de ses citoyens, émaillé d’anecdotes individuelles et de citations de soldats ayant survécu au Débarquement. Il s’est plusieurs fois adressé directement à eux.

Il a évoqué un “lien incassable” entre la France et les Etats-Unis, “forgé dans l’ardeur des combats, testé dans l’épreuve de la guerre, et prouvé dans la bénédiction qu’est la paix”. “Nous faisons le voeu que nos nations soient à jamais fortes et unies”, a-t-il déclaré pour clore son allocution, sans faire référence à l’actualité des relations diplomatiques entre les deux pays. En novembre dernier, il avait pourtant fortement critiqué la proposition du président français de créer une armée européenne, accusant l’Union Européenne de ne pas verser sa part de financement au budget de l’OTAN.

Les deux chefs d’Etats ont ensuite donné une conférence de presse commune à Caen. C’est lors de cette conférence que les sujets de politique extérieure ont été abordés, notamment la question de l’Iran. Donald Trump a réitéré son refus que la république islamique possède l’arme nucléaire, ce que le président français a approuvé, mais les deux chefs d’Etats ont aussi insisté sur le besoin de nouvelles négociations entre l’Iran et les pays signataires du traité sur le nucléaire iranien.