De traductrice à galeriste, Anne-Beatrix Keller change de tableau

Anne-Beatrix Keller Semadeni, fondatrice de African Art Beats. Crédits : @boldcitidc

Agenda

L'exposition "New Generation" de African Art Beats a lieu jusqu'en janvier sur rendez-vous. Plus d'informations sur le site.

Anne-Beatrix Keller Semadeni ouvre en grand la porte d’entrée d’une immense maison blanche. Située dans le quartier cossu de Cleveland Park, à Washington, cette demeure classée historique a sûrement eu plusieurs vies avant de devenir la galerie African Art Beats depuis juin 2019.

Entièrement dédiée à l’art contemporain africain, African Art Beats présente près de quarante œuvres de huit artistes originaires de Côte d’Ivoire, du Sénégal et du Togo. Si la maison aux fenêtres immenses est le lieu idéal pour accueillir une galerie artistique, c’est également ici que Anne-Beatrix Keller a décidé de vivre. “C’est merveilleux de se réveiller chaque matin au milieu de toutes ces œuvres”, se réjouit cette passionnée d’art. Pourtant, la carrière artistique n’a pas été son premier choix.

L’Oiseau Mythique, de Gérard Gabayen.

Ancienne traductrice pour le Fonds Monétaire International (FMI), pour la Banque Mondiale ainsi que pour d’autres organisations internationales, Anne-Beatrix Keller Semadeni a posé ses valises au sein de la capitale américaine en 1993 avec son mari et ses enfants. “J’ai fait uniquement de la traduction jusqu’en 2001”, raconte l’agent artistique qui est née en Tunisie. “Je suis une Française de l’étranger et Suissesse, mais j’ai toujours vécu ailleurs”, explique Anne-Beatrix qui se caractérise comme “une citoyenne du monde”.

Malgré des études dans la traduction, la galeriste s’est toujours sentie proche du monde artistique. “L’art a toujours fait partie de ma vie”, affirme-t-elle en se souvenant : “Mon grand-père était amateur et achetait des tableaux, mon père collectionnait des Romanités et mes parents aimaient les belles choses”. Adolescente, Anne-Beatrix se passionne pour l’artiste tunisien Jellal Ben Abdallah et pour les impressionnistes.

Voyages en Afrique et découverte de l’art tribal 

Entre 2001 et 2004, la famille est mutée au Cameroun et Anne-Beatrix voyage en Afrique subsaharienne. “Là-bas, j’ai découvert l’art tribal que je connaissais mal”, se souvient-elle. Un jour, elle achète une œuvre et commence à s’intéresser de près à l’art africain. Puis, entre 2012 et 2015, l’ancienne traductrice pose ses valises au Togo et fait la connaissance de nombreux artistes locaux grâce à l’Union européenne et l’Institut français qui organisent régulièrement des expositions d’artistes togolais. “En rentrant à Washington, j’ai eu l’idée de créer une galerie en ligne consacrée à l’art contemporain africain. Entre temps, l’art africain était devenu très prisé, surtout en Europe.” African Art Beats est né.

Deux Etrangers du Soir, de Pascal Konan.

“Je veux faire partager leur travail que je trouve extraordinaire. Je veux aussi faire tomber les barrières. ce n’est pas pas parce que c’est Africain que ça ressemble à de l’art africain. Ce sont avant tout des artistes et l’art est universel”, insiste Anne-Beatrix Keller Semadeni qui a déjà présenté les artistes lors de plusieurs expositions. La galeriste compte faire rayonner les œuvres des artistes encore longtemps, puisqu’elle prévoit plusieurs expositions en 2020. La prochaine étape : “Exposer des femmes, car beaucoup sont encore peu connues”, se promet Anne-Beatrix. Plus d’informations sur African Art Beats ici.

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L'exposition "New Generation" de African Art Beats a lieu jusqu'en janvier sur rendez-vous. Plus d'informations sur le site.