David Serero, le Stakhanov du divertissement

Agenda

 

Le Marchand de Venise

Le mardi 19 janvier, 8pm

Le jeudi 21 janvier, 3pm

Center for Jewish History, 15 West 16th St

Tickets ici

Le site de David Serero

Un sourire plein de dents blanches, un hug, quelques vannes bien senties. David Serero est en pleine forme en ce mercredi soir, quelques instants après être descendu de scène.

L’artiste inclassable – il est chanteur, producteur, acteur, metteur en scène – joue jusqu’au 21 janvier le rôle de Shylock dans un Marchand de Venise version séfarade qu’il a monté de A à Z, du casting à la mise en scène. Son adaptation de ce grand classique shakespearien mélange anachronismes (apparition de Jerry Springer, personnage en lunettes ray ban…) et chants judéo-espagnols. Autant de touches qui déconcerteraient les puristes, mais qui font “la marque de fabrique” du Français. “Je prends le classique et j’y ajoute une touche de champagne” .

David Serero aime jongler avec les étiquettes, et il l’assume. Crooner baryton auto-proclamé, charmeur naturel, serial blagueur et bête de scène infatigable, il a récemment sorti un clip où il chante la “Habanera” (“L’amour est un oiseau rebelle”) a cappella accompagné par un beat boxer dans les rues de New York. L’artiste, qui “travaille depuis le moment où j’ouvre l’oeil jusqu’à ce que je le ferme“, est sur tous les fronts. On l’a vu dans des pubs, des téléfilms, des pièces de théâtre, des comédies musicales et des séries. Récemment, il a joué un crooner italien dans “L’Echappée belle” avec Clothilde Courau et un espion iranien dans “Nous trois ou rien” avec Gérard Darmon et Zabou Breitman.

Il vient de sortir un album de ses propres chansons et doit figurer prochainement dans la série historique de Discovery “Blood Feuds”.  “En une saison, je peux faire deux opéras, deux Shakespeare, une cinquantaine de concerts, écrire un livre… Je vais là où le travail me porte, lance-t-il. Si on te donne la même chose à manger tous les jours, tu deviens malade. C’est le problème des chanteurs d’opéra. Quand je chante du Broadway, je reviens à l’opéra avec plus de fraicheur. Et pour moi, chanter et être acteur, c’est le même métier: divertir“.

Elevé dans la banlieue de Paris, à Chelles, ce boulimique de scène a commencé par le piano. Envers et contre tous. Avec ses parents, “c’était la guerre, la guerre, la guerre. Pour eux, il fallait aller au boulot le matin et rapporter de l’argent. C’était dur, ça m’a motivé.” 

La chanson est arrivée par “accident”. “Vraiment, par accident. J’ai chuté en roller, et j’avais une main dans le plâtre. J’ai commencé à chanter pour compenser. Je me suis lancé dans le jazz, le hard, rock, Broadway…On m’a dit que j’avais une voix pour l’opéra. Mais pour moi, être chanteur d’opéra, c’était peser 400 kilos, chanter en allemand…

Curieusement, ça n’est ni plus ni moins que James Levine, directeur musical du Met, qu’il fera ses premiers pas dans l’opéra. Emu par Turandot de Puccini, qu’il avait vu la veille sur scène, il était revenu au Met pour demander “comment devenir chanteur d’opéra” quand il a croisé le légendaire chef d’orchestre:

Certains se souviendront peut-être de David Serero comme le Français qui a fait venir Jermaine Jackson, le frère ainé de Michael, en France. Ensemble, ils ont fait un clip, “les Feuilles mortes”, et monté une comédie musicale sur l’histoire de la famille Jackson, adapté du livre de Jermaine You are not alone. La pièce a été malmenée par la critique mais David Serero en garde “un souvenir extraordinaire“.

La presse a dit qu’ils s’étaient fâchés. “Pas du tout” répond l’artiste, qui affirme que la polémique a été montée en épingle par les journalistes après une annulation de date. Aujourd’hui, ils ne sont plus en contact “toutes les semaines“, mais Jermaine Jackson fait partie de son label, dit-il – David Serero a produit son album “I Wish You Love”. “J’ai aucun mal à le contacter mais je n’ai pas de raison de le faire“. 

Aujourd’hui, l’infatigable artiste regorge de projets ecléctiques. Outre son Marchand de Venise revisité, il va jouer Nabucco et Othello au Center for Jewish History en avril et mai respectivement. Il veut également monter pour septembre une pièce de théatre sur Napoléon, qu’il admire, ainsi qu’une mini-série à mi-chemin entre “Sex and the City et Les Visiteurs“, où il jouerait un Napoléon débarquant à New York en 2016. David Serero n’est pas prêt de se laisser classer.

 

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Le Marchand de Venise

Le mardi 19 janvier, 8pm

Le jeudi 21 janvier, 3pm

Center for Jewish History, 15 West 16th St

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