Le date new-yorkais de Nolan : “J’ai piraté Tinder pour avoir 200 matches par jour”

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Dans cette rubrique, nous racontons vos histoires de dating à New York.

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*Les prénoms des personnes présentées ont été modifiés pour préserver leur anonymat

Petit génie de l’informatique passé par l’Ecole Centrale de Lille, Nolan débarque à New York en mai 2014. Fatigué par des “dates” non concluants, ce Français de 24 ans finit par pirater Tinder pour rencontrer plus de filles. Trois ans plus tard, le stratagème a t-il porté ses fruits ?

Le premier contact :

C’est mon prof qui m’a parlé en premier de Tinder. C’était un mec d’origine anglaise qui se servait beaucoup de l’application dans son pays. Le problème c’est qu’à Lens, ça marchait pas fort. Quand je suis arrivé à New York pour un stage de dix mois, j’étais en chaleur !

Je ne connaissais personne mais je m’étais mis en tête de parler à des Américaines. J’ai fait mes premiers “dates“, c’était merdique. Je savais pas comment ça marchait et faisais n’importe quoi… Vu que j’ai étudié pas mal les maths, je me suis dit : sois t’es bon et ça va marcher, soit t’es nul et il va te falloir beaucoup plus de tentatives. Il me fallait donc trouver un moyen de “liker” beaucoup plus de filles sans y passer trop de temps. En faisant des recherches, j’ai trouvé TinderBot, un robot capable de “swiper” à droite tous les profils automatiquement et en illimité. Je l’ai paramétré sur mon téléphone, ça “likait 30 à 40 000 profils de filles par jour et me permettait d’obtenir plus de 200 “matches.

Pour maximiser mes chances, j’ai poussé le truc encore plus loin en créant plusieurs comptes Tinder, avec des comptes Facebook différents, des photos et des descriptions différentes. Grâce à ça, je pouvais atteindre un autre panel de filles qui ne m’avait pas “liké” au premier abord. J’avais également créé un script pour écrire aux filles automatiquement. Si elles ne m’avaient pas envoyé de message dans les 24 heures, le robot envoyait un message automatique de prise de contact que j’avais personnalisé.

Mettre en place l’application m’a pris mal de temps, mais ça a fini par rouler ! Tellement que j’ai été dépassé par le truc. Mon téléphone explosait, j’ai fait plus de 30 “dates” entre mai et juin. C’était cool car j’ai rencontré tous les profils et groupes éthniques.

Le premier date : 

Parmi toutes ces filles, j’ai rencontré Alisha un soir de mi-juin. C’était une Phillipino-américaine de 20 ans. Je l’ai tout de suite trouvé mignonne et ce qui m’a plu, c’est qu’elle était ouverte au fait que je sois différent, d’avoir un accent, que je dise des choses bizarres. Je l’ai trouvée patiente et vraiment intéressée par ce que j’étais.

La suite :

J’ai commencé à la voir régulièrement ainsi qu’une autre fille, puis j’ai décidé de ne voir plus qu’elle à partir de début août. J’étais pas pour autant près à me mettre en couple, je voulais un truc sans prise de tête. Le problème c’est qu’elle était en stage à New York et devait rentrer en Floride début septembre. Alors quand elle est partie, j’ai relancé la machine Tinder à 100%.

Très vite, j’ai commencé à comparer mes dates avec Alisha, en constatant que je ne trouvais aucune fille intéressante. Je discutais encore régulièrement avec elle sur l’application. Début octobre, elle propose de m’offrir des billets d’avion et de la rejoindre pour quelques jours à Gainesville en Floride. Là-bas, elle me dit qu’elle aimerait une relation sérieuse. Je lui réponds que je suis pas encore prêt mais on se met d’accord pour arrêter Tinder tous les deux. J’en profite pour lui expliquer l’histoire du robot. Ce fut un non-événement. Elle m’a juste dit que j’étais bizarre (rires).

Elle viendra ensuite me voir deux fois à New York en octobre et en janvier, avant mon retour en France en février pour ma dernière année d’école.

De retour à Lille, on débute une relation sérieuse à distance. On s’appelle souvent, je viens la voir aux Etats-Unis, elle vient en France, jusqu’à ce que je revienne à New York avec un visa de travail en poche en février 2016. Six mois plus tard, c’est elle qui me rejoint en emménageant à New Brunswick dans le New Jersey.

On a évoqué l’idée d’habiter ensemble à ce moment-là, mais ça passait mal auprès de ses parents qui ne me connaissaient pas, même après deux ans de relation… J’ai fini par les rencontrer en juin, au mariage de la grande soeur d’Alisha. Là-bas, je me suis rendu compte à quel point sa famille était richissime et un peu dans la frime, ce qui expliquait pas mal de traits de caractère d’Alisha.

Bilan :

Notre différence de classe se sent. Même si avec le temps, on apprend à mieux se connaître et à s’appréhender. Je suis invité à tous les événements familiaux et j’ai également présenté Alisha à mes parents, qui se sont même mis à l’anglais. Quelles sont les prochaines étapes ? Vivre ensemble ? On verra. Pour l’instant, chacun campe sur ses positions. Alisha rêve d’habiter à New York, moi j’ai déjà donné. Vivre dans un placard m’a rendu misérable, je n’y retournerai pas. J’ai l’impression qu’on arrive à un moment charnière dans la relation.

Le dating à New York :

Si c’était à refaire, je referais pareil. J’ai gagné du temps grâce au piratage de l’application, et puis les filles ne le sauront jamais. Par contre, avec le recul, je serais différent pendant les dates. J’irais moins négligé, et surtout, je payerais de temps en temps l’addition (rires).

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