Dans le Westchester, l’Alliance française victime de son succès

“Vous ne connaitriez pas des professeurs de français ?” Christine Mason, la directrice de l’Alliance Française du Westchester, est bien embêtée. Au vu de la demande, elle aimerait bien ouvrir davantage de cours de français pour enfants, mais les enseignants qualifiés sont difficiles à trouver, en particulier lorsqu’il s’agit d’enseigner à White Plains, au nord de New York.

“Depuis qu’on a lancé les cours pour enfants en avril, le bouche à oreille a très vite fonctionné, et j’ai tous les jours des coups de fil”, raconte cette Française, installée aux Etats-Unis depuis 2006, qui a pris la tête de cette petite institution il y a un peu plus d’un an. “J’ai l’impression que les parents, ici, croient de plus en plus à l’apprentissage des langues étrangères, et ne pensent plus que ce doit systématiquement être l’espagnol. Les familles viennent de tous le comté pour amener leurs enfants”, constate-t-elle.

L’Alliance Française, qui ne proposait, jusqu’à l’année dernière, que des cours pour adultes, voit donc désormais défiler des enfants et adolescents tous les jours de la semaine. Certains ne sont pas bien grands : des cours pour les tout-petits sont organisés le samedi, en deux groupes (2-3 ans et 3-5 ans), avec une méthode qui utilise la musique et les comptines. “Pour chaque séance, nous avons un thème, cela peut être une couleur, un animal, une fête”, explique Christine Mason.

Pour les enfants à partir de 6 ans, l’Alliance a monté des cours par âge et niveau, sur la base de séances hebdomadaires d’une heure et demie, en petits groupes (moins de dix personnes). Marnie, une mère de famille canadienne qui vit à Chappaqua, a inscrit ses enfants de 8, 10 et 12 ans aux cours pour débutants. “Je pense qu’apprendre le français pourra leur ouvrir des portes. Et ces cours sont très bien. Avant, ils prenaient des cours particuliers, mais ils n’avaient pas autant progressé. C’est stimulant pour eux d’être avec d’autres enfants, tout en étant dans de petits groupes”, remarque-t-elle.

L’Alliance propose aussi deux classes pour des élèves bilingues en français qui veulent renforcer leur pratique. “Avec ceux-là, on va faire de la grammaire, de la lecture, et parler de l’actualité, la musique, la littérature”, explique la directrice, qui monte aussi sur demande des cours particuliers. “Pour des enfants bilingues qui sont à l’école américaine, le français peut partir très vite, et a besoin d’être soutenu par ce type de cours, axés sur la connaissance de la culture française”, observe la directrice.

Ces cours ont lieu dans les locaux vieillots mais chaleureux de l’Alliance, installée dans un bâtiment classé – une ancienne banque de style art-déco – qui rassemble divers organismes culturels. Outre des salles de classe, l’Alliance a une petite bibliothèque avec des romans, magazines pour enfants et adultes, où l’on peut lire tranquillement dans des fauteuils. “Les parents peuvent y attendre leurs enfants pendant le cours, ou sinon, ils vont au centre commercial à côté”, commente Christine Mason. Qui a d’autres projets pour son institution : organiser des concerts, des expositions, des spectacles pour les enfants. Toujours avec les moyens du bord.