Dans le New York Times, la dure vie du millionnaire Fabrice Grinda

Pendant longtemps, il a vécu dans le grand luxe. Il payait son majordome $50.000 par an et organisait de grandes fêtes. Et puis à 40 ans, il a décidé de tout quitter.

Dans un article du New York Times du 13 juin, Laura M. Holson raconte l’hallucinante “mid-life crisis” du Français Fabrice Grinda, devenu millionnaire en lançant plusieurs start-ups dans la tech. « Quand les gens arrivent à 40 ans, ils se mettent généralement à vouloir acheter une voiture de sport, raconte t-il au New York Times. Ils ne se disent jamais : je vais changer ma vie et abandonner tout mes biens pour multiplier mes expériences et me concentrer sur mes amis ».

En décembre 2012, il a donc quitté sa luxueuse résidence à Bedford (Etat de New York) et s’est débarrassé de la McLaren. Il a fait don de ses vêtements, ses équipements sportifs, ses ustensiles de cuisine à l’église St Francois Xavier de New York. Il a donné ses meubles à des associations pour le logement puis, il a pris une valise et l’a remplie de deux jeans, d’un maillot de bain et dix paires de chaussettes. Son ambition était claire : il allait voyager et passer du temps avec sa famille et ses amis. De quoi donner enfin du sens à sa vie. « Quand je regarde en arrière, les choses qui comptent le plus pour moi, ce sont les expériences avec mes amis et ma famille. Et ce ne sont pourtant pas dans celles là que j’ai le plus investi ».

Ma femme faisait même sa lessive”

Tout le monde est ravi de le revoir, mais comme l’avait dit Benjamin Franklin : « Le poisson et les visiteurs se mettent à puer au bout de trois jours » note la journaliste.

Peu après son arrivé chez son ami d’enfance, Olivier Brion, à Miami, les premiers problèmes apparaissent. Déjà, « il parlait très fort », se souvient Olivier Brion. Mais en plus il imposait son mode de vie. Il voulait jouer au tennis tout le temps, laissait Hélène Brion ramasser ses affaires… « Ma femme faisait même sa lessive » « C’était un désastre, témoigne de son côté Fabrice Grinda. À 10pm, ils étaient morts et allaient se coucher, alors que pour moi, la journée commençait à peine ».

Chez son cousin, Cyril Lejeune, il chaparde des affaires. « Il n’avait pas assez d’habits et empruntait les miens » raconte son cousin. La visite dure trois jours. Après son départ, Cyril Lejeune remarque que certains de ses t-shirts ont disparu. « Ce ne lui posait aucun problème, raconte t-il aujourd’hui en rigolant. Mais pour moi, c’en était un ».

Grand gamin

Lors d’une autre étape de son voyage nomade, Fabrice Grinda casse une lampe dans l’appartement parisien de Marc Simoncini, un autre entrepreneur français. Chez son père à Nice, il s’endort en laissant le chauffage allumé dans la chambre où il est. À Miami, il ruine la maison de sa mère qui constate qu’entre la période il lui demandait de laver ses sous vêtements et aujourd’hui, rien n’a changé.

Pour les “dates” aussi, c’était compliqué. Les femmes voulaient savoir où il vivait. Au deuxième rendez- vous avec l’une d’elles, la conversation est devenue gênante. Elle lui a dit : « Attends une seconde. Je comprends que tu vives dans des hôtels, mais pourquoi est-ce une chambre différente à chaque fois ? Tu as une maison quelque part où t’attendent ta femme et tes enfants pour être obligé de devoir changer de chambre tous les soirs ? » peut-on lire dans l’article.

“Les gens ne voient juste pas les choses de cette manière”

Fabrice Grinda dit qu’il a beaucoup appris de ces expériences récentes. Il reste en contact avec ses amis, même si cela signifie les embêter quelques fois. Vivre comme il le voulait est une « philosophie intéressante », mais il n’a pas trouvé comment la mettre en pratique.

Dans la luxueuse chambre d’hôtel où il rencontre la journaliste du Times, Fabrice Grinda conclut : « Pour moi, ma maison c’est là où je suis. Et peu m’importe que ce soit le canapé d’un copain, le milieu de la jungle ou une chambre d’hôtel dans le Lower East Side. Mais je me rends compte que la plupart des gens, en particulier les femmes, ne voient juste pas les choses de cette manière » .