Opération séduction et taclage pour Copé et Lefebvre à New York

On le disait frileux à l’égard de la candidature de Frédéric Lefebvre. Jean-François Copé s’en amuse. « Si c’était le cas, je ne serais pas là ».

Là, c’est New York, où le président de l’UMP et du groupe d’amitié France-Etats-Unis à l’Assemblée s’est offert une escapade de 48h avec sa femme Nadia. Escapade discrète – sa venue n’était pas indiquée sur le site de l’UMP Côte Est et son programme précis pas connu – mais avec une mission claire : soutenir le candidat investi par le parti pour la législative partielle en Amérique du Nord (25 mai et 8 juin).

Seul évènement public de cette opération électorale commando : lundi, les deux hommes se sont affichés devant un parterre d’entrepreneurs et de militants à Spark-Labs, un incubateur d’entreprises lancé par le Français Christophe Garnier. « J’ai voulu soutenir Frédéric Lefebvre, notre candidat, pour dire aux Français établis aux Etats-Unis et au Canada qu’ils se mobilisent, souligne M. Copé. C’est une manière pour nous de donner un message à François Hollande et de montrer une autre vision: celle de Français qui réussissent, qui investissent, embauchent et prennent des risques».

Financiers, avocats, restaurateurs, créateurs de startups : le meeting a rassemblé une cinquantaine de personnes. Parmi elles, le rabbin Mikhael Cohen, directeur du Centre Culturel Juif Français et Francophone de New York, soutien affiché de M. Lefebvre, et plusieurs membres de l’UMP Côte Est, dont son ancien suppléant Olivier Piton. Ce dernier avait convié pour l’occasion Steve Geer, le directeur de la campagne e-mail et de fundraising en ligne de Barack Obama en 2008. Les deux hommes se sont rencontrés dans le cadre de l'”Elysée Tour” organisé par M. Piton pour rapprocher les stratèges numériques des campagnes présidentielles française et américaine. « Je suis juste un spectateur », promet M. Geer.

Devant l’auditoire, M. Lefebvre a tiré à boulets rouges sur la politique économique du gouvernement. Dans la circonscription (Etats-Unis et Canada) « on voit des jeunes qui se disent : ‘on n’a plus envie de rentrer en France’ ». Les mesures d’allègement de la fiscalité des ventes d’entreprises annoncées lundi par François Hollande ?  « Pas à la hauteur de la situation », tacle-t-il. Et d’annoncer son intention, député, de reformer l’ « exit tax », cet impôt qui frappe les contribuables ayant plus de plus de 1,3 million d’euros d’actions et qui vendent leurs titres après leur départ de France. « Il se passe en France des choses qu’on n’aurait pas imaginé dans nos pires cauchemars, a renchérit M. Copé. François Hollande mène la France sur le chemin de Zapatero en Espagne, c’est-à-dire l’absence de réformes courageuses qui conduit à une explosion du chômage et un effondrement du pouvoir d’achat », a-t-il confié à une poignée de journalistes.

Avec la visite de François Fillon mi-avril à Washington et celle de M. Copé aujourd’hui, l’UMP veut montrer l’image d’une famille politique qui fait bloc derrière son candidat, contesté lors de son investiture par certains militants locaux, dont certains ont choisi de soutenir Louis Giscard d’Estaing. « Je veux leur dire que l’heure est au rassemblement et pas la division, glisse Jean-François Copé. On l’a payé cher l’an dernier. »

Photo: Elizabeth Kaponya