Au Congrès, Macron fait de l’anti-Trump

Photo: Mandel Ngan/AFP/Getty Images

Ça n’était pas du blabla relationnel. Il est allé beaucoup plus loin que je ne le pensais sur beaucoup de sujets“. Investisseur français basé au Connecticut, Luc Hardy a été invité par son sénateur à assister au discours d’Emmanuel Macron devant les membres du Congrès américain, mercredi 25 avril. Et il n’a pas été déçu.

Sur le sujet de l’environnement, ce documentariste et défenseur de la planète a compté: “il en a parlé 4-5 minutes“. “C’est le sujet qui a entraîné le plus de réactions, de conversations, et pas simplement des applaudissements mécaniques chez les élus“, explique-t-il.

Pendant son grand oral devant les députés et sénateurs américains, le président français a livré un discours engagé pour ce type d’exercice traditionnellement très consensuel, n’hésitant pas à aborder les sujets de discorde. Sur l’environnement, il a rappelé qu'”il n’y a pas de planète B” et s’est dit “sûr” que “les Etats-Unis reviendront dans l’Accord de Paris” sur le climat, que Donald Trump veut abandonner. “Nous avons des désaccords avec les Etats-Unis, comme dans toutes les familles mais nous allons devoir affronter la réalité. Nous sommes tous citoyens de la même planète”.

Il a mis en garde contre les risques d’une “guerre commerciale contre des alliés” et évoqué les attaques contre la science et la raison. “Contre les défis de la planète, il y a la science“, a-t-il déclaré sous les applaudissements. “Sans preuve, sans raison, il n’y pas de démocratie“.

Dans la salle, le président français a été particulièrement acclamé par les démocrates. C’était cependant au tour de ces derniers de grimacer lorsque le président a mentionné les frappes syriennes perpétrées il y a deux semaines par la France, les États-Unis et le Royaume-Uni.

Au lendemain d’une conversation houleuse avec le président américain dans le Bureau ovale de la Maison-Blanche, bien que les deux hommes aient multiplié les signes d’amitié, Emmanuel Macron a profité de cette allocution pour longuement parler de l’Iran et des enjeux liés à l’accord de 2015 sur le nucléaire, que Donald Trump a abondamment critiqué et menace de quitter le 12 mai.

Le président français a été félicité sur twitter par plusieurs voix anti-Trump. L’ancienne Secrétaire d’Etat de Bill Clinton Madeleine Albright a écrit: “cela faisait depuis trop longtemps qu’un président n’avait pas livré un discours à Washington sur le besoin de défendre la démocratie et le soutien à la coopération internationale“.

L’ancien conseiller de Barack Obama David Axelrod est lui aussi allé de son tweet:

Le site d’information Slate a vu dans ce discours d’une cinquantaine de minutes une critique en règle “des croyances et politiques de son hôte, Donald Trump“.

Capucine Moulas (au Capitole) et Alexis Buisson