Comment les universités américaines expliquent les US aux étrangers

On pourrait les appeler “Amérique: mode d’emploi” . “Les” , ce sont les conseils culturels que donnent les universités américaines à leurs étudiants internationaux pour s’acclimater à leur nouvel environnement. Rigolos, caricaturaux, souvent datés: ces conseils peuvent prêter à sourire car les généralisations ne résistent jamais à l’épreuve de la réalité. Nous en avons reproduites ici quelques-unes.

Les Américains sentent bon, selon la Southwestern Adventist University

Dans son guide pour étudiants internationaux, la Southwestern Adventist University nous conseille d’utiliser du déo. “Comme vous pouvez le voir en regardant les publicités à la télévision, on enseigne aux Américains que les odeurs corporelles naturelles et l’haleine ne sont pas plaisantes. La plupart des Américains prennent des douches ou des bains tous les jours (et parfois plusieurs fois par jour), utilisent des déodorants sous les aisselles pour contrer l’odeur de la transpiration, et se brossent les dents avec du dentifrice au moins une fois par jour. En plus, il leur arrive de mâcher de la menthe pendant la journée pour s’assurer que leur haleine est débarrassée de toute odeur de nourriture. Il est très courant pour les femmes de raser leurs jambes et leurs aisselles ou d’utiliser une petite quantité de parfum tous les jours. Les hommes peuvent utiliser de l’eau de cologne ou de l’après-rasage pour partager ce qu’ils pensent être une odeur plaisante. La plupart des Américains s’éloigneront d’une personne qui a mauvaise haleine ou qui dégage une odeur corporelle. Cela peut être le seul signal qu’ils enverront pour manifester qu’ils sont “offensés” par l’odeur. Ce sujet est si sensible que la plupart des Américains n’oseront pas dire à une autre personne qu’elle a une mauvaise haleine ou odeur corporelle” . Un conseil pour les Français: comme on ne prend jamais de douche -c’est bien connu- c’est le moment de s’y mettre.

La vie privée selon Montclair State

Sur sa page “Adjusting to American Culture”, Montclair State University liste différents points (temps, communication…) qui peuvent dérouter les visiteurs. Sur la vie privée, voici ce qu’elle raconte: “même si les Américains sont informels dans leur comportement, ils respectent certaines règles. Parce qu’ils sont toujours en train de travailler ou occupés à faire quelque chose, ils valorisent leur temps et leur espace. Cela veut dire qu’ils ont besoin de temps pour eux, seuls. Par conséquent, il est préférable d’appeler quelqu’un à l’avance ou de fixer un rendez-vous pour voir un Américain. La plupart des Américains ne se rendent pas au domicile de quelqu’un sans appeler. Cela serait considéré comme une intrusion dans la vie privée” .

Pour Harvard, mieux vaut être organisé

Harvard évoque, elle, le rapport des Américains au temps. “Vous avez sans doute entendu l’expression: le temps, c’est de l’argent. Même si cela parait étrange, c’est la manière dont les Américains voient le temps. C’est une ressource qui doit être économisée ou dépensée utilement. Les Américains peuvent devenir impatients quand ils sont dans une file d’attente qui avance lentement au supermarché, à la banque, etc. Notamment si la personne à la caisse prend son temps et discute avec un client. De manière pratique, cela signifie que les Américains sont à l’heure pour leurs rendez-vous, utilisent un emploi du temps et s’attendent à la même chose de la part des autres. Vous devriez arriver à l’heure pour vos rendez-vous avec les professeurs, les docteurs et autres professionnels” . Il faudrait que Bill de Blasio, maire de New York et retardataire notoire, lise ces quelques lignes.

L’espace personnel d’après l’University of Louisville

L’University of Louisville a estimé la mesure du “personal space” pratiqué aux Etats-Unis. “Contrairement à d’autres cultures, les Américains tendent à se tenir à deux ou trois pieds l’un de l’autre quand ils discutent, et se sentent souvent enfermés quand ils sont plus près. Si une personne ne se sent pas à l’aise, elle peut s’éloigner pour mettre plus de distance. Cela ne devrait pas être interprété comme un signe d’impolitesse, elles sont juste en train de ré-établir leur espace personnel. Les Américains établissent aussi un contact visuel quand ils discutent” .

On confirme. On a regardé cette discussion télévisée sympathique entre deux amis et ils sont restés éloignés l’un de l’autre:

trump

 

L’amitié selon l’University of Florida

Ce n’est pas parce qu’on est aux Etats-Unis qu’on se fait facilement des amis américains. C’est en tout cas ce que laisse penser l’University of Florida. On peut lire dans son guide pour étudiants internationaux au sujet de l’amitié: « certaines cultures peuvent voir les amitiés entre Américains comme superficielles. Comme on leur apprend à être auto-suffisants et à vivre dans une société hautement mobile, les Américains tendent à éviter d’avoir des relations profondes avec beaucoup d’autres personnes. Par ailleurs, les Américains tendent à « compartimentaliser » leurs amitiés – ils ont des amis « au travail » , « à l’école », au « tennis » , etc. Cela est vu par les étrangers comme une « impossibilité à être amis » . Ici, cela est vu comme une manière normale de maintenir son bonheur personnel dans une société mobile et toujours changeante.  »

Ce n’est pas vrai. Les amitiés franco-américaines sont possibles. N’est-ce pas la Statue ?

photo-bateau-statue-liberte

Le dating selon Loyola University

C’est le grand sujet de malentendu entre les Américains et le reste du monde. Loyola University s’y plonge, mais sans toutefois se perdre dans toutes les règles de “dating” . “Vous serez peut-être surpris du caractère informel des relations entre les hommes et les femmes aux Etats-Unis. Les couples vont seuls assister à un film, un concert, une conférence ou une fête (…) Même s’il y a moins de restrictions dans les relations aux Etats-Unis que dans beaucoup d’autres pays, les interactions informelles, décontractées observées entre amis et collègues ne doivent pas être mal interprétées. Certaines relations passent du stade de connaissances à amitiés proches ou relations romantiques intimes, mais cela ne peut pas être présumé. Ces relations peuvent se développer avec le temps, avec le consentement et le désir mutuel des deux parties” . 

L’University of Iowa va un peu plus loin et aborde la question du règlement de l’addition. “Le sujet de qui paie doit être clarifié. Traditionnellement, l’homme paie pour le divertissement. Aujourd’hui, chaque personne paie de la manière qu’elle souhaite. Si l’autre personne est déterminée à payer, vous pourriez planifier une autre soirée en échange de cette gentillesse. Avoir de l’argent sur soi est toujours une bonne idée, pour payer quand cela semble approprié (…) Il faut insister sur le fait que si vous ou l’autre personne accepte d’aller en “date” ou vous invite à son domicile, cela ne signifie pas un quelconque engagement sexuel de part et d’autre.

Le sexe selon l’University of Iowa

L’université publie un long paragraphe sur les relations sexuelles aux Etats-Unis qui commence par “la question des relations sexuelles est problématique dans toute société. Elle l’est encore plus aux Etats-Unis car il y a une variété d’attitudes et de pratiques ici” . Elle poursuit, plus bas: “en général, au moins pendant les premières étapes d’une relation, la plupart des Américains n’ont pas d’attente sur les relations sexuelles. Ils peuvent avoir des désirs ou des espoirs, mais pas d’attentes. Ils attendent des développements et essaient d’être sensibles aux intérêts et aux sentiments de l’autre personne” . On présume que cela a été écrit avant ce truc qu’on appelle Tinder.