François Hollande, un “social-libéral” en carton

Revue de presse. Attendue avec impatience, la conférence de presse de François Hollande le 14 janvier n’a pas déçu. La presse américaine a passé au peigne fin les propos du Président.

Si les non-déclarations de M. Hollande sur sa liaison avec Julie Gayet ont fait couler beaucoup d’encre, les propositions économiques du socialiste ont aussi fait réagir. « Est-il pire d’être un ardent défenseur du libre marché qu’un conjoint infidèle? La réponse semble être un ‘oui’ retentissant, si vous êtes le président de la France ». Le New York Times n’en finit plus de s’étonner des réactions suscitées par la conférence de presse de François Hollande.

En annonçant qu’il s’apprêtait à réduire les dépenses publiques et à supprimer les cotisations familiales pour les entreprises d’ici 2017, le président semble avoir traumatisé la gauche socialiste : « Pour certains membres à gauche du Parti socialiste de M. Hollande, le virage à droite de la politique économique du  président cette semaine a créé une secousse semblable à celle de Mme Trierweiler ».

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Les mesures annoncées par le Président français semblent au contraire, bien loin d’être suffisantes pour le journal : « À l’heure où le taux de chômage atteint 10,8%, que la croissance économique est lamentablement basse et que la France est dépeinte, à tort ou à raison, comme le prochain homme malade de l’Europe, la politique ne semble pas être radicale ». Mais ne l’oublions pas, la France est « un pays où les citoyens attendent que l’État subvienne à leurs besoins du berceau à la tombe ». Ce qui explique probablement la drôle de réaction du Monde qui  « a ni plus ni moins qualifié les changements proposés de « révolutionnaires ».

Forbes compare quant à lui Hollande à “Scrooge“, le célèbre héros de Charles Dickens. « Une soirée passée avec trois fantômes a changé Ebenezer Scrooge de radin à bienfaiteur. Peut-être qu’une soirée d’amour peut changer la nature de M. Hollande, ironise le magazine. Et avec tout le crédit qu’on peut attribuer à l’amour, il est certainement possible que le changement ait eu lieu. Après tout, le président Hollande a annoncé un plan de réduction des impôts et des dépenses ».

Des annonces de bon aloi qui auraient dû voir le jour plus tôt ! Presque méfiant, le magazine reste prudent: « Il est trop tôt pour prédire si la révélation du matin de Noël de M. Hollande se concrétisera », avant de rajouter : « Le président Hollande a des problèmes à résoudre en dehors des questions fiscales fondamentales. Par exemple, il devra préciser l’identité de la Première Dame de France, et ce, avant son voyage prévu pour le 11 Février aux États-Unis. Que ce soit Mme Trierweiler ou Mme Gayet, on suppose qu’il n’y aura pas de coupures de prestations sociales avant. »

Reagan, sors de ce corps!

Toujours dans Forbes, Paul Roderick Gregory s’intéresse aux similitudes des politiques d’Hollande et d’Obama. Tous deux ont promis que les dépenses publiques allaient compenser l’insuffisance de la demande qui freinait la reprise. Mais au fil du temps, l’élève semble avoir dépassé le maître : « Hollande peut enfin comprendre une vérité qui échappe à la gauche américaine. Après cinq années de redressement, il n’y a plus de court terme. Une économie ne peut pas indéfiniment taxer et dépenser  plus. Il peut y avoir des effets limités au cours des premières phases de relance, mais ils s’estompent avec le temps. Sur le long terme – c’est une leçon soulignée par Keynes lui-même – la croissance, l’emploi et la prospérité sont déterminés par des facteurs d’offre, comme les progrès technologiques, les taxes, les incitations du marché du travail, et des récompenses à la prise de risque et l’esprit d’entreprise ».

Le changement de cap du chef de l’État est d’autant plus louable quand on connaît les réactions qu’il a suscitées : « Pour la presse dans l’Elysée, c’était comme si l’esprit de Ronald Reagan avait arraché le corps du président socialiste de la France à la question de la réparation économique de base de la gauche – la relance keynésienne ».

Hollande un exemple à suivre ? Paul Roderick Gregory  ne va pas jusque-là, à moins que… « Si Barack Obama était un homme politique européen, il appartiendrait à un parti socialiste » rajoute-t-il, avant de vanter « la souplesse idéologique » de la gauche européenne par rapport à celle des Etats-Unis.

Avocats francophones

Pour finir la revue de presse, gros plan sur un article du site The Advocate, sur les avocats francophones de Louisiane. Autrefois très sollicités, ces professionnels ont vu leur activité baisser ces dernières décennies avec la disparition progressive de la communauté cajun. “Mais, souligne le site, il y a toujours des avantages pour les avocats qui connaissent la langue, surtout dans l’arène internationale.

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Le site a interrogé un avocat de la ville de Lafayette, qui assure que le français lui a donné “un contact avec le monde“. L’article énumère les avantages à travailler avec un avocat bilingue, “versé dans les systèmes légaux” et rappelle que la langue de Molière revient de loin en Louisiane. “Au début et au milieu des années 1900 furent interdits de parler en français. Ils se faisaient souvent battre à l’école par leurs enseignants s’ils le parlaient“. En tout cas, on est rassuré. Apprendre le français permet aussi de devenir avocat.