Au “State Dinner”, Hollande dîne avec Colbert et Bradley Cooper

Le microcosme journalistique français se posait la question depuis plusieurs jours: qui allait remplacer Valérie Trierweiler à côté de Barack Obama lors du très guindé diner d’Etat de mardi soir? Christine Lagarde, Fleur Pellerin, Nicole Bricq? La Maison blanche a finalement choisi Thelma Golden, une Américaine qui dirige le Studio Museum d’Harlem.

Hollande, lui, était assis entre Michelle et Barack Obama à la table d’honneur de ce repas qui rassembla, sous une tente montée près de la Maison blanche, des politiques, des chefs d’entreprises, des acteurs et des sportifs autour d’un menu alléchant: caviar américain, chocolat de Hawaii, fromage du Vermont et les salades du potager de la Maison blanche.

Temps fort de la visite d’Etat, le “State dinner” est venu refermer le séjour washingtonien d’Hollande, qui est attendu à San Francisco mardi dans la soirée.

Pendant leur toast, les deux chefs d’Etat ont salué les valeurs communes qui unissent la France et les Etats-Unis. Barack Obama s’est  une fois de plus risqué à quelques mots en français – “bonsoir” “à votre santé” “vive la France” – tandis que François Hollande a conclu son discours en anglais par “long live, the United States.  Vive la France et vive l’amitié entre la France et les États-Unis“.

Le président de la SNCF et Mary J. Blige

Le parterre de 320 convives comprenait une ribambelle de personnalités du show biz, comme le réalisateur J.J Abrams, la star de Seinfeld Julia Louis-Dreyfus, l’acteur Bradley Cooper, la chanteuse Mary J. Blige et l’animateur du Colbert Report Stephen Colbert.

Ce dernier, qui ne s’est pas privé de se moquer de l’affaire Hollande-Gayet dans ses émissions, était placé à la table d’honneur, juste à côté de Michelle Obama, soit deux places à la droite du président français.

Voir: Colbert et l’affaire Hollande-Gayet

Le basketteur Jason Collins, qui a fait son coming out l’an dernier, et Edith Windsor, la lesbienne dont le combat a abouti au renversement par la cour suprême du Defence of Marriage Act (DOMA), figuraient aussi sur la guest-list.

Cette dernière comprenait aussi quelques-uns des plus grands “bundlers” d’Obama, ces individus qui ont levé des fonds pour financer ses campagnes. Citons par exemple le manager de hedge fund Mark Gallogly, Joan and Irwin Jacobs, un couple milliardaire qui a fait fortune dans le secteur des technologies, et l’investisseur Cappy McGarr, qui a soutenu Obama généreusement en 2008 et 2012.

Le diner comprenait également quelques républicains, comme Paul Ryan, le candidat malheureux à la vice-présidence en 2012. “Les diners d’Etat permettent au président d’inviter des amis et des supporters, ou de récompenser des adversaires qui l’ont aidé“, explique Erik Goldstein, professeur de relations internationales à Boston University et spécialiste des visites d’Etat.

Côté français, le contingent fut limité. Outre les ministres, on notera la présence de la directrice générale du FMI Christine Lagarde, l’ancien président du directoire du Monde Jean-Marie Colombani, le président du MEDEF Pierre Gattaz et plusieurs membres de la délégation de chefs d’entreprises qui accompagnait M. Hollande, dont le président de la SNCF Guillaume Pepy. Le président de la région Ile-de-France Jean-Paul Huchon était là aussi. Ca change des Yvelines.