Clémentine Langlois, l’Insoumise d’Ottawa

Désignée candidate à la dernière minute, Clémentine Langlois a dû rentrer dans le bain de la législative assez rapidement. La veille à Montréal, la voici maintenant à New York entourée de plusieurs militants de la France Insoumise et de son suppléant Nicolas André répondant aux questions des curieux via Facebook Live dans la salle d’un salon de beauté de Times Square. Elle enchainera quelques minutes plus tard sur une rencontre publique.

Il est préférable de partir plus tôt en campagne pour pouvoir visiter un maximum de villes dans la circonscription. Mais la campagne de Jean-Luc Mélenchon a été très fortement soutenue par les 44 groupes d’appui ici. Je ne suis pas seule. Il y a des centaines d’Insoumis pour porter le message et convaincre les gens que nous rencontrons“, confie-t-elle.

Cette diplômée en épidémiologie psychiatrique de 44 ans est à l’origine d’une association, Fongwama, qui développe des applications mobiles libres de droit, pour lutter contre le paludisme en Afrique. Elle est venue à Ottawa pour pratiquer son anglais et développer son activité. “J’ai fait des études sur comment les nouvelles technologies peuvent changer les rapports nord-sud et la société. J’étais très impliquée dans le logiciel libre“, raconte-t-elle.

Jamais encartée, elle a “toujours soutenu les mouvements de gauche républicaine“. Ce sont les positions de Jean-Luc Mélenchon sur le climat qui l’ont poussée à rejoindre la France Insoumise. “Cet engagement correspond à une urgence, dit-elle. Quand j’étais plus jeune, je me suis souvent demandée comment j’aurais réagi pendant la Seconde guerre mondiale. Aujourd’hui, nous sommes arrivés dans des situations d’urgences qui sont extraordinairement douloureuses en Afrique et je ne peux pas rester les bras croisés. Les injustices et les dangers pour nos enfants et notre humanité sont trop grands“.

Jusqu’au premier tour, elle entend mettre en avant le programme de Mélenchon, “L’avenir en commun”, “un programme intelligent, intelligible qui met systématiquement l’humain au coeur de la problématique“. Pour les Français d’Amérique du Nord, elle défendra “l’accès à une éducation française de qualité“, la reconnaissance des diplômes pour ceux qui souhaitent rentrer en France, mais aussi des “politiques de prévention pour prévenir au maximum les difficultés que les Français de l’étranger pourraient rencontrer”. 

Plus controversé, elle est favorable à la création d’un impôt basé sur la nationalité, destiné à lutter contre l’évasion fiscale. “Nous proposons quatorze tranches d’imposition dans le programme, ce qui va réduire fortement le niveau d’imposition”, assure-t-elle. Et d’ajouter que cette “taxation différentiée” modelée sur le système américain ouvrira “de nouveaux droits et engagements pour les Français de l’étranger“.