Cinq erreurs à ne pas commettre pour se lancer aux US

Arrivée à New York en 2003 avec un visa investisseur, la française Biba Pédron a créé une société de consulting pour les entrepreneurs américains puis en démarre une deuxième, cette fois-ci pour les francophones souhaitant monter un business aux Etats-Unis. Nous avons recensé, avec elle, cinq erreurs à ne pas commettre dans vos démarches.

– Sous-estimer le budget de son projet : « C’est l’un des points les plus importants. Depuis la crise de 2007-2008 et la hausse du chômage, l’Immigration américaine veut s’assurer que les étrangers souhaitant venir peuvent s’autofinancer la première année et ne feront pas faillite. La crise a fait augmenter les minimums requis. En 2003, avec moins de 100 000$ en poche, il était plus simple qu’aujourd’hui de monter une société aux Etats-Unis avec un visa d’investisseur. Pour créer une société de services, il suffisait d’avoir 40 000$ pour obtenir un visa E, mais maintenant c’est quasi-impossible avec ce budget. Un de mes clients a voulu créer une boîte de nuit à New York mais il n’avait que 40 000$ à mettre. C’était impossible. Après réévaluation du budget, une personne sur trois va véritablement jusqu’au bout. Et on ne peut pas se dire « J’ai un peu d’argent, je vais tenir six mois et après vivre de mon activité ». Un business met deux à trois ans pour vraiment s’implanter. Environ 80% de mes clients ont moins de 100 000$. C’est un budget correct mais ça peut partir très vite.

– Vouloir économiser sur la prise de contact avec des professionnels sur place : Aux Etats-Unis, il faut toujours payer pour avoir de l’information. L’erreur de beaucoup de Français est de vouloir tout démarrer sans contacter de professionnels. Les informations gratuites sur internet ne sont pas toujours vraies donc les gens commencent à entamer des procédures, seuls, et rencontrent forcément des obstacles. En voulant économiser 1 000$ par-ci, par-là, ils vont faire des erreurs et devront en mettre 5 000$ de plus. Par exemple, nombreux sont ceux qui ne vont pas consulter un expert-comptable. L’avocat pourra créer la société mais il ne voit pas la partie fiscale. La structure choisie n’est généralement pas la bonne et vous vous retrouvez à payer plus d’impôt ou à payer au bout d’un an pour changer de structure. Par exemple, installer la société dans le Delaware est une bonne idée car ce sera plus simple administrativement par la suite.

– Analyser le marché américain à distance : Pour plusieurs raisons, il faut se rendre sur place si l’on veut créer une entreprise aux Etats-Unis. Tout d’abord pour réaliser une étude de marché en phase avec la réalité. Certains Français la font à distance, en regardant des reportages ou en surfant sur internet. Résultat : j’entends beaucoup « Je suis venu à New York, je n’ai pas vu ce business, je veux monter ça ». Par exemple, une boutique qui vend des spécialités de Marseille. Je leur réponds qu’il n’y a peut-être pas de marché. En revanche, certains secteurs sont porteurs comme le Développement informatique type applications pour smartphone. Une cliente a voulu investir dans ce domaine avec moins de 100 000$ et a obtenu un visa investisseur pour 5 ans (le maximum, NDLR). Ses résultats sont montés en flèche très rapidement. Enfin, en se rendant sur place, vous allez rencontrer des Américains, améliorer votre anglais et vous intégrer à la culture. C’est indispensable pour comprendre comment réfléchit le consommateur aux Etats-Unis. Près d’un Français sur deux vient ici pour monter une boulangerie-pâtisserie. Ils s’imaginent que les Américains mangent des croissants tous les matins. Mais il faut savoir adapter son concept. Un de mes clients a installé un salon de thé à Miami et a vite arrêté de faire des pains au chocolat voyant que personne n’en mangeait.

– Faire du business aux Etats-Unis comme en France : Les Américains n’ont pas la même approche que nous lorsqu’ils font du business. Ils sont plus directs et communiquent plus qu’en France. Par exemple, ils utilisent beaucoup les réseaux sociaux pour mettre en avant leur activité et interagissent alors que les Français les maîtrisent moins bien et s’en servent plus pour leur vie privée. Aux Etats-Unis, il est aussi très important de mettre la photo des membres de son entreprise sur le site internet. Les gens vous achètent vous, avant d’acheter le produit. Il faut mettre sa personnalité en avant, ne pas avoir peur de faire des vidéos et un blog. Les Français que je rencontre ont toujours du mal avec ce système.

– Etre pressé : Beaucoup de Français souhaitent lancer un business sur le continent américain mais ne se rendent pas comptent de la réalité. Beaucoup de demande de visa sont rejetées. Il faut donc prendre le temps de faire murir son projet, ne pas hésiter pour attendre d’avoir un budget plus confortable et, enfin, être patient. En moyenne, il se passe un an et demi entre le moment où on se renseigne et le moment où on obtient le visa.