Cinés indépendants et drive-in: se faire une toile pendant le confinement

Il faut bien le reconnaître, “Trolls World Tour” visionné sur un portable un samedi soir de confinement, ça rend vraiment nostalgique des vraies sorties ciné pour voir des films étrangers dans des petites salles indépendantes, ou simplement faire l’expérience du grand écran, des autres spectateurs et de l’odeur entêtante du pop corn et du beurre fondu. Pour vous éviter une autre déconvenue culturelle, et économiser les vingt dollars que “Trolls” ne justifiait pas, nous avons cherché comment se faire une toile en période de confinement, pour combler ce vide de culture et de foule qui nous hante depuis deux mois.

Grand écran et spectateurs au drive in

On n’a pas vraiment vécu l’aventure américaine si on n’a jamais mis les pieds au drive in. Dans la Bay Area, on en trouve deux, à Concord et à San Jose. Le concept est simple: on gare sa voiture dans un parking, face à un écran géant, et on écoute les dialogues et la b.o du film grâce à sa radio. Les gestes barrières restent de rigueur, avec une distance minimale de 10 pieds entre les voitures, et l’impossibilité d’acheter des snacks sur place, il faut donc faire le plein avant de venir. Chaque ticket donne droit à deux films par soir ($8 par personne), et les mardis soirs offrent une programmation spéciale familles à tarif spécial ($5.50 pour les adultes, $1.75. pour les enfants de 5 à 11 ans).

Films français et perles indépendantes

Pour les amateurs de films soigneusement sélectionnés et de projections confidentielles, plusieurs cinémas indépendants proposent de visionner leur programmation en ligne. C’est le cas notamment du Roxie Theatre, situé dans la Mission à San Francisco: avec de nombreux documentaires et films à l’affiche, y compris des productions françaises comme “Le daim”, réalisé par Quentin Dupieux et interprété par Jean Dujardin, ou “Chambre 212” de Christophe Honoré, ou encore “Rifif”, un classique de Jules Dassin, le Roxie espère attirer un public de cinéphiles malgré le confinement. La moitié du prix des tickets est reversée directement au cinéma pour l’aider à survivre.

D’autres petits cinémas de quartier comme le Balboa theatre et le Vogue, situés à San Francisco, ou le BAMFPA de Berkeley ont adopté la même approche, offrant plus de dix films et documentaires par semaine à visionner pour un coût modeste (entre 5 et 10 dollars selon le film). Le Alamo Drafthouse, connu pour servir un menu complet accompagné d’une bonne bière pendant ses projections, partage, en outre d’une liste alléchante de films à louer, sa célèbre recette du “buffalo cauliflower“. On s’y croirait presque…