Christiane Taubira parmi ses fans à la NYU

Quand elle pénètre dans l’amphithéâtre Tishman de la New York University, c’est une standing ovation qui accueille l’ancienne Garde des sceaux française, deux jours tout juste après sa démission.

La conférence était prévue bien avant la démission fracassante, étape d’un voyage officiel qui aurait dû l’amener à Washington et New York. Christiane Taubira n’est plus ministre, mais la NYU a maintenu son invitation, “et payé pour les frais” tient à préciser l’université.

L’intitulé de la conférence -“la liberté et l’égalité pour tous”- est suffisamment vague pour autoriser un large tour d’horizon. Et rester soigneusement éloignée de la politique française, sous les yeux d’une bonne vingtaine de journalistes français venus pourtant pour cela.

Le public est principalement composé de Français de New York, au côté d’étudiants et d’enseignants de l’université. Conquis d’avance, ils sont enchantés par le discours de l’ex ministre, ponctué comme à son habitude de citations de poètes et écrivains. Baptiste, 20 ans, étudiant en économie à Columbia, est venu parce que« Christiane Taubira est une personnalité forte, elle a une carrière atypique, c’est toujours intéressant de voir ça surtout à New York ».

Thibaut, 22 ans, étudiant en droit, a lui décidé de venir à la conférence après l’annonce de la démission  de Christiane Taubira: « on se devait d’y être. C’est une icône du gouvernement, qui a marqué l’histoire par ses réformes, je pense qu’elle porte un message très humain et inspirant”.

Au cœur de son intervention, on retrouve son éternel combat pour la fraternité des peuples : « on peut avoir une vie paisible en ignorant l’écrasement des autres » raille-t-elle. Elle n’évoquera sa démission qu’avec quelques allusions et termine par un sujet au cœur de la tourmente : les frontières, la crise migratoire européenne et la remise en question sous-jacente de l’espace Schengen.

Taubira_NYU

Christiane Taubira se prête ensuite aux jeu des questions-réponses avec le public, durant lequel plusieurs Français l’interpellent sur son avenir politique notamment l’élection présidentielle de 2017. “Je continuerai à me créer des espaces d’expression publique et de combat” répond-elle. Quelques minutes plus tard, durant un point de presse qu’elle tient devant une vingtaine de journalistes agglutinés, les questions se font plus insistantes. Et les réponses moins aimables: “je ne répondrai pas à cette question parce qu’elle est nulle et non avenue”, répond-elle à une question directe sur son intention de se présenter à la primaire de 2017.

Une autre question sur sa fidélité à François Hollande a le don de l’énerver tout autant: “je soutiendrai le président de la République parce que lorsque notre pays est en difficulté comme il l’est, comme le monde l’est, nous avons besoin d’institutions fortes; et parce que le président de la République est une personne qui mérite de l’estime et pour qui j’ai de l’estime”, martèle-t-elle.