Christiane Taubira “cherche la ligne” contre le terrorisme aux Etats-Unis

Un mois après ce que certains ont appelé “le 11 septembre français” , Christiane Taubira est venue faire le pèlerinage de Ground Zero, mais aussi dire que la France ne suivrait pas le modèle américain du Patriot Act.

Malgré le froid glacial, les fontaines de Ground Zero ne désemplissent pas en ce mardi 10 janvier. Quelques badauds se demandent qui est cette femme que tout le monde prend en photo. Il s’agit de Christiane Taubira, bien emmitouflée dans sa doudoune marron, qui fait le tour du mémorial. Elle écoute religieusement Clifford Chanin, directeur de l’éducation et des programmes publics du musée du 9/11. A leurs côtés, Maya Wiley, conseillère du maire de New York.

Christiane Taubira touche quelques noms, entre deux flashs des photographes auxquels elle ne prête pas grande attention. Puis vient la visite du musée. Clifford Chanin la guide entre les décombres et témoignages du 11 septembre 2001. Il n’hésite pas à recadrer la ministre lorsque celle-ci se penche un peu trop par dessus les balcons pour voir ce qu’il se passe en bas. “La sécurité ne va pas apprécier” , dit-il en riant.

La Garde des Sceaux prend son temps, et écoute religieusement les explications de son guide particulier. C’est émue qu’elle termine la visite. Elle laisse un petit mot sur le livre d’hommages virtuel. “Etrange, écrit-elle, ces images qui m’habitent depuis maintenant 13 ans. Et ce sentiment de les voir pour la première fois” .

Cette visite était la dernière étape de son voyage aux Etats-Unis, deux jours pour discuter de mesures contre le terrorisme,  mais aussi lutte contre le racisme et l’anti-sémitisme.

Lundi, elle a rencontré son homologue Eric Holder à Washington. L’occasion pour la ministre de répéter qu’un “Patriot Act” à la française n’est pas la solution. “Il nous faut trouver la ligne entre la sécurité et la protection des libertés individuelles” a-t-elle confié aux journalistes venus l’écouter après la rencontre ministérielle. Evoquant les débats en France qui ont suivi les attentats de janvier, elle a expliqué que le gouvernment avait “conclu qu’il n’y a pas lieu d’imaginer un nouveau texte antiterroriste” , même s’“il y a des éléments législatifs qu’il faudra introduire qui concernent plutôt la lutte contre le racisme et l’antisémitisme” .

A New York, son périple a commencé par un discours devant le Comité contre le Terrorisme des Nations Unies. Elle s’est ensuite entretenue avec des représentants, du Sahel principalement, afin de leur expliquer l’action de la France dans cette région du monde.