Ces Français de Californie qui choisissent le “Californian exodus”

Pour les Californiens quittant l'état, le Nevada figure parmi les principaux points de chute grâce notamment à son très faible taux d'imposition. Du Golden State au Silver State, il n'y a qu'un pas !

Et si la qualité de vie de la Californie n’était plus qu’un lointain rêve? Le “Californian Exodus” n’avait pas attendu la Covid19: du coût de la vie aux embouteillages, en passant par les taxes ou l’insécurité dans certaines villes, ils étaient de plus en plus nombreux à vouloir quitter le Golden State. Pour certains, la révolution du télétravail déclenchée par le confinement permet de franchir le pas.

Le Nevada, une terre d’accueil

Partir oui mais où ? Les destinations sont nombreuses et le Nevada, Etat voisin, fait figure de point de chute idéal avec Las Vegas, capitale de l’entertainment, ou Reno, qui attire de plus en plus d’entreprises de la Tech comme Tesla. D’autant que le Nevada ne perçoit pas de taxes sur les entreprises ni de taxes sur le revenu contrairement à la Californie. Beaucoup de Français sont donc tentés de passer la frontière comme l’explique Salomé Alverola, dont le départ a été accéléré par la crise de la Covid-19. Arrivée depuis un mois à Las Vegas, elle a vécu près de sept ans à Los Angeles. “Pour moi, Los Angeles était l’endroit où j’allais rester encore de nombreuses années. Mais suite au coronavirus, mes deux emplois pour une agence de tours guidés et dans un centre commercial ont été mis à l’arrêt. Pendant ce temps, les factures ne cessent de s’ajouter. Je suis partie dans un Etat avec moins de taxes et au coût de la vie moins élevé afin de ne pas trop dépenser. J’ai choisi le Nevada et Las Vegas car cela reste à seulement 4h de Los Angeles en voiture”, explique Salomé Alverola qui en a profité pour se rapprocher de son frère qui vit ici depuis trois ans. Reza et Amélie Valanejad sont installés à Las Vegas depuis quatre ans avec leurs deux enfants. Leurs motivations étaient simples : assez des embouteillages qui empêchent de travailler et assez des taxes. Pour eux, Las Vegas était aussi synonyme d’opportunités tant la ville se développe et attire les visiteurs.

Pour d’autres Français la question du depart n’est pas encore tranchée. Directrice d’un cabinet de conseils pour l’obtention de visas, Alexandra Merz vit avec son mari français à Santa Barbara depuis de nombreuses années. Pour elle, il ne fait aucun doute que s’ils quittent la Californie, ce sera pour le Nevada. Pour l’instant, ils n’ont pas bougé dans l’attente de savoir où leur dernier fils fera ses études. “S’il n’est pas pris en Californie, nous partirons de Santa Barbara pour nous installer à Henderson ou Summerlin au Nevada”, assure-t-elle. “Santa Barbara est une ville très chère, notamment pour les locations de maison. En Californie, les impôts sont très élevés et le poids de l’administration est trop important. Partir est une décision financière mais aussi un changement de cadre de vie”, poursuit Alexandra Merz qui pourrait quitter l’Etat au plus tard l’année prochaine.

Loyers exorbitants

Le Nevada n’est pas le seul point de chute des Français qui délaissent la Californie. Elodie Ascenci et Damien Jumelais viennent tout juste de partir pour rejoindre Austin au Texas. “Nous avons vécu deux ans à Los Angeles avant de passer un an à Long Beach car le prix des locations de Los Angeles était excessif. Nous nous sommes rendus compte que la qualité de vie n’était pas à la hauteur du loyer payé. Nous avons aussi ressenti une certaine insécurité dans la ville. Il nous fallait trouver un plan B et Austin est apparu comme une évidence”, constate Elodie Ascenci, graphiste dans la vie. Après quatre jours de voiture, le couple a posé ses valises dans cette ville branchée du Texas où les taxes sont également bien moindres. “Pour nous, il n’était plus possible de vivre en Californie.” Elodie Ascenci s’estime toutefois être privilégiée car elle et son mari, qui travaille dans la tech, peuvent téle-travailler sans difficultés.

A quelque 4 500 kilomètres de Los Angeles, Charles Campos vit depuis octobre à Miami en Floride. Agent immobilier et Angelinos durant huit ans, il a fait ce choix pour de nombreuses raisons mais comme beaucoup des exilés californiens, il pointe du doigt les loyers exorbitants, les trop nombreuses taxes ou encore le besoin de changement. “A Miami, on peut se trouver un très bel appartement avec vue sur mer pour le même prix qu’un 1 bedroom à West Hollywood. J’avais aussi besoin de changements après avoir passé autant de temps dans la même ville”, avoue-t-il.

Bref, les raisons ne manquent pas de quitter la Californie et au rythme où vont les choses, ce phénomène devrait perdurer, voire s’amplifier dans les années à venir. Le rêve californien n’est plus ce qu’il était.