Ce qu’ils promettent aux Français de l’étranger

Si vous êtes inscrits sur les listes électorales à l’étranger, vous n’ignorez pas que tous les candidats à la présidentielle vous adorent. Ils vous l’ont dit et vous le rediront dans les prochains jours à grand renfort d’e-mails.  Partant tous de l’idée -qui reste à prouver- que les Français de l’étranger constituent un bloc électoral compact, ils rivalisent de promesses dans quelques domaines. Pour tenter de vous aider à vous y retrouver, voici une liste de leurs promesses respectives:

-Education:

Nicolas Sarkozy avait promis en 2007 la gratuité des établissements français de l’étranger pour tous les citoyens français. Promesse partiellement tenue: les frais de scolarité sont remboursés en classes de seconde, première et terminale, plafonnés au montant de ces frais en 2007. Il promet cette fois d’étendre la prise en charge (PEC) aux classes de collège dès 2013, une idée qui a rencontré beaucoup d’opposition, y compris au sein de l’UMP.

François Hollande veut lui au contraire revenir sur la PEC qu’il qualifie d’échec “qui ne profite qu’à 2% des Français de l’étranger”. Il souhaite la supprimer et y substituer un système de bourses sur critères sociaux et régionaux dont l’enveloppe sera gérée par les consulats.

Marine Le Pen veut étendre la PEC à toutes les classes.

François Bayrou: sa candidate aux législatives en Amérique du Nord, Carole Granade, avait expliqué à French Morning être favorable à l’extension de la PEC jusqu’à la 6ème, “car le budget nécessaire est une goutte d’eau”.

Mélenchon: il se dit opposé à la PEC. Dans une interview au Petit Journal, il l’a décrite comme « l’un des nombreux cadeaux fiscaux faits aux grandes entreprises et aux plus privilégiés ».

-Fiscalité:

Sarkozy: La taxe contre l’exil fiscal proposée par le président sortant a beaucoup fait parler. Il répète son engagement de faire payer à ceux qui auraient quitté la France “pour échapper aux impôts” la différence entre ce qu’ils auraient dû payer en impôt sur les revenus du capital en France et ce qu’ils paient dans leur pays de résidence. Mais il préfère insister sur le fait que “ceux qui travaillent à l’étranger pour une entreprise française ou étrangère ou qui ont créé une entreprise” ne seront pas concernés par cette taxe.

Hollande: Il veut lui aussi taxer les exilés fiscaux, mais en commençant par ceux de trois pays: la Belgique, la Suisse et le Luxembourg. “Il vaut mieux se concentrer sur ceux-là, car le faire pour tous les pays du monde prendra dix ans“, a-t-il expliqué dans «Des paroles et des actes» sur France 2.

Mélenchon: Il avait triomphé lors de la proposition de Nicolas Sarkozy, l’accusant de “pomper. Il est pour la taxation différentielle: “Ce que nous voulons faire, a-t-il précisé, c’est ce que font les Américains: on demande à tous les pays la liste des ressortissants et si les impôts que vous payez dans ce pays sont inférieurs à ce que vous auriez payé en France, on vous demande la différence”.

Bayrou: Il a dénoncé les propositions de ses rivaux, les qualifiant de “diversion”: « Ce n’est pas en raison des exilés fiscaux que la France n’arrive plus à créer des emplois, à produire, à soutenir son modèle social ».

Le Pen: Elle a peu abordé la question, si ce n’est en s’en prenant à Yannick Noah, un “exilé fiscal” selon elle accusé d’ “avoir planqué son argent à l’étranger“.

– Protection sociale:

Hollande: il veut réformer la Caisse des Français de l’Etranger (CFE), notamment pour rendre sa gestion plus transparente.

Sarkozy est favorable à une modernisation de la CFE. Il veut en augmenter le nombre des bénéficiaires et favoriser une baisse des tarifs, et développer des partenariats entre l’assurance-maladie française et les systèmes de santé des pays hôtes.

Le Pen: Elle juge la protection sociale fournie par la CFE “globalement satisfaisante“, a-t-elle indiqué au Petit Journal, “même si elle pourrait être améliorée dans les pays où le coût des soins est élevé“, comme les Etats-Unis.

Mélenchon: le candidat du Front de Gauche veut établir l’égalité d’accès à la CFE et élargir aux Français de l’étranger l’accès à la Couverture Médicale Universelle (CMU).

-Binationalité:

Les candidats ne remettent pas en cause la possession de deux nationalités ou plus, à l’exception de Marine Le Pen qui veut interdire les deuxièmes nationalités si celles-ci ne sont pas européennes.

Les sites des principaux candidats:

Nicolas Sarkozy

François Hollande

François Bayrou

Marine Le Pen

Jean-Luc Mélenchon

Eva Joly