Bye bye Minitel, re-bonjour DSK

Cela faisait longtemps que la presse américaine n’avait pas eu une bonne dose de Dominique Strauss-Kahn. Heureusement, le Français au coeur du scandale politico-médiatique du siècle s’est rappelé à son bon souvenir. Motif: la séparation entre l’ex-directeur général du Fonds monétaire international (Fmi) et Anne Sinclair, révélée par le magazine français Closer la semaine dernière. « Anne Sinclair a viré DSK de leur maison parisienne, indique le New York Daily News. Elle est restée à ses côtés quand il était accusé de tentative de viol, mais la femme de Dominique Strauss-Kahn l’a finalement mis à la porte ». The New York Post, ne pouvait s’empêcher de donner lui aussi dans la finesse: “La femme de DSK donne le boot à l’obsédé“, écrit le tabloïd.

Certains titres laissent apparaître leur surprise face à cette séparation, vu le soutien sans faille dont a fait preuve la journaliste de 63 ans, née à New York, lorsque son mari était pris dans l’affaire du Sofitel. « Elle a été une femme plus que loyale. Elle a été le plus féroce des défenseurs. Quelque soit le péché ou le scandale, Anne Sinclair a encaissé, a pardonné et même prié pour son mari, avec passion et éloquence », s’enflamme le New York Times. Selon le quotidien, la saga n’est pas finie : « Leur soap opéra continuera d’être étalé en public ». Jean Quatremer, auteur de l’essai Sexe, mensonges et médias (2012), affirme dans le quotidien américain: « Dominique Strauss-Kahn va continuer à fasciner les gens. C’est un personnage faustien. En France, c’est rare que des politiciens tombent en disgrâce aux yeux du public. Mais avec Strauss-Kahn, on peut lire et lire sans cesse à son sujet. Il est notre part d’ombre ». Une part d’ombre que semblent partager Français et Américains.

3615 Goodbye

Dans le même temps, un produit made in France faisait ses adieux définitifs au monde: le Minitel. Presque plus personne ne s’en servait mais les Français ont eu un petit pincement au coeur samedi 30 juin quand France Télécom a désactivé pour de bon l’ancêtre d’Internet, commercialisé en 1982. La presse américaine ne manque pas de relever que la France fut à l’époque à la pointe de la technologie. « Difficile à imaginer, mais il y a 30 ans, la France était l’endroit où tout se passait dans l’univers digital », s’amuse le Wall Street Journal, parlant de la boîte beige comme d’un outil « préhistorique »« Dans les années 1980 et 1990, il n’y avait que les Français qui pouvaient facilement se connecter en ligne pour acheter des tickets de théâtre, chercher des numéros de téléphone, échanger des messages électroniques et se laisser aller à des ‘interactions d’adultes’ », reconnaît le quotidien. Neuf millions de Minitel étaient branchés à travers la France, offrant 26 000 services à près de 25 millions de personnes.

Même quand Internet s’est démocratisé, « beaucoup de personnes ont continué à l’utiliser, surtout en Bretagne, d’où il est originaire », raconte le site spécialisé Wired. Cet outil « conçu en France, par les Français, et pour les Français avait toujours ses dévots », a découvert le New York Times« parmi lesquels 2 500 producteurs de lait bretons qui utilisaient le Minitel pour appeler un inséminateur quand une vache était en chaleur ». A Paimpont, en Ille-et-Vilaine, le journal a rencontré Yves Denais, fermier, 47 ans, qui fut dans ce cas-là. Son Minitel « trône toujours au milieu de son bureau, sous une fine couche de poussière, entre les photos de famille et la paperasserie ». Le fermier « n’a jamais été tenté » par son ordinateur. Pour le New York Times, c’est à cause du Minitel qu’Internet a mis longtemps à s’installer en France. Et maintenant que la boîte s’est éteinte, « il se pourrait que les fermiers français préfèrent retourner au papier », avance le Times, un point mélancolique.

La guerre du foie aura lieu

Autre produit star à faire ses adieux : le  foie gras, dont l’interdiction en Californie est entrée en vigueur dimanche 1er juillet. « Ce week-end sera fort en émotions pour les Californiens », pointe le Los Angeles Times. Bonne nouvelle pour les défenseurs des animaux qui n’ont que faire de nos traditions culinaires. « Le foie gras est un produit barbare. Ça n’aurait jamais du exister. Ça ne doit certainement pas exister aujourd’hui, en 2012… Culture, tradition, rien de tout ça ne justifie de torturer un animal », défend Bryan Pease, co-fondateur de la Animal Protection and Rescue League, sur MSNBC. Les activistes ont gagné, alors ces dernières semaines, les restaurateurs californiens ont vidé les stocks, de façon pas toujours orthodoxe : « Presque tous les soir, on a vu une avalanche de recettes, du foie gras en terrine avec de la confiture, au crumble de foie gras aux raisins, en passant par du foie gras gelé aux légumes, de la glace au foie gras et même des donuts au foie gras », raconte le critique Jonathan Gold dans le Los Angeles Times.

L’interdiction est un coup dur pour les restaurateurs du Golden State, mais aussi pour la France. « La France est vexée », glisse l’agence britannique Reuters. Selon Marie-Pierre Pe, déléguée générale du Comité interprofessionnel du foie gras, interrogée par l’agence de presse, « c’est un choc culturel. Pouvez-vous imaginer que la France bannisse le ketchup ou les hamburger ?» Mais cette décision ne signifie pas la disparition de cette spécialité culinaire. « L’interdiction du fois gras est une avancée positive pour l’Etat, mais sera constamment défiée », juge le San Francisco Examiner« Croyez-moi, ce sera comme tous ce qui est illégal, mais que tout le monde parvient à se procurer », avance le restaurateur de Los Angeles, Mark Peel. « Si vous voulez du Rhum cubain, vous pouvez, si vous voulez des cigares cubains, vous pouvez… Il suffit de chercher et de trouver. » Un beau destin de clandestin pour un produit de luxe.

Laurent Blanc claque la porte

Bye bye le fois gras, bye bye aussi Laurent Blanc. L’entraîneur de l’équipe de France de football a annoncé, samedi 30 juin, qu’il quittait son poste de sélectionneur, quelques jours après l’élimination de la France en quarts de finale de l’Euro 2012. CNN reconnaît que Laurent Blanc « a redressé le destin des Bleus avant l’Euro (…) avec 23 matchs sans défaite ». Un événement proche du miracle pour la chaîne qui se souvient que « Laurent Blanc avait pris le relais de Raymond Domenech, très critiqué après le désastre de la France à la Coupe du Monde de 2010 en Afrique du Sud, où une grève des joueurs et une sortie en première phase avaient provoqué une humiliation nationale ».

Cette année, les Bleus ont atteint les quarts de finale en Ukraine mais n’ont pas impressionné, ni par leur jeu, ni par leur esprit d’équipe. L’Euro 2012 « a été entachée par des tensions entre les joueurs après une sale dispute dans les vestiaires suite à la défaite 2-0 face à la Suède », sans oublier « le milieu de terrain, Samir Nasri, qui s’est emporté contre un journaliste français », critique Associated Press, repris par le Washington Post« Ces incidents ont pu influencer la décision de Blanc » de ne pas renouveler son contrat, avance l’agence. Qui pour lui succéder ? Pourquoi pas Didier Deschamps, l’entraîneur de l’OM, sur le départ à Marseille. Pour Associated Press, il serait « le choix idéal, d’autant qu’il a fait part de son désir d’entraîner la France ». « Il était capitaine quand la France a remporté la Coupe du Monde 1998 et l’Euro 2000, et il serait un choix populaire », argumente l’agence américaine. Deschamps a depuis indiqué à RMC Sports qu’il ne souhaitait pas devenir sélectionneur. On compte sur les Américains pour suivre les prochains épisodes.

Crédit photo : Thomas Coex/AFP