Business France Atlanta ferme ses portes

« On sacrifie l’avenir économique de la région », assène Dominique Lemoine, vice-président du conseil consulaire à Atlanta. Peu après avoir reçu la nouvelle de la fermeture du bureau de Business France en Géorgie, l’élu consulaire français a lancé une pétition en ligne adressée au ministre de l’Economie Bruno Le Maire pour faire révoquer la décision.

Trois semaines après sa mise en ligne, la lettre qui s’insurge contre la fermeture des bureaux d’Atlanta et de Houston a été signée par plus de 100 personnes. Si l’antenne géorgienne a bel-et-bien fermé ses portes officiellement en novembre, ce n’est pas le cas du bureau texan, corrige Arnaud Leretour, directeur Business France Amérique du Nord, qui ne cache pas son agacement.

« Avec les moyens digitaux d’aujourd’hui, ça n’a plus de sens de raisonner en terme de géographie. C’est une pensée archaïque et sclérosée. Nous avons adopté une logique sectorielle », lâche Arnaud Leretour, qui déplore ne pas avoir été contacté directement par les contestataires.

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« Nous avons pris cette décision dans le cadre d’une restructuration », justifie le directeur de l’agence publique chargée d’accompagner les entreprises françaises à l’étranger et de promouvoir la France auprès des acteurs internationaux. « Comme tous les autres services de l’Etat, nous subissons une réduction budgétaire », poursuit-il.

Pourquoi avoir choisi de fermer Atlanta ? Dominique Lemoine dénonce un « snobisme » en faveur de New York et de San Francisco, des villes souvent trop chères pour les jeunes entreprises françaises, dénonce l’élu, également animateur du mouvement Agir en Amérique du Nord.

« On ne se voyait pas quitter New York, Chicago ou San Francisco, commente de son côté Arnaud Leretour. Ca n’avait plus de sens de garder ces grands locaux et de payer un loyer démesuré. On avait des gens à Atlanta qui parfois ne sortaient pas de leur bureau », ajoute-t-il, avant de souligner que « le volume salarial global ne sera pas réduit en Amérique du Nord », où travaillent « une centaine de collaborateurs ».

Le bureau a donc cessé ses activités après le départ (pour fin de contrat) du dernier représentant de Business France, Robert Blumel, qui a piloté l’antenne sur place pendant trois ans. Avant d’arriver à Atlanta, il couvrait la région du Sud-Est (Caroline du Nord, Caroline du Sud, Alabama, Tennessee, Géorgie, Mississippi et Floride) depuis New York. « Ma remplaçante fera sans doute ce que j’ai fait. Je prenais l’avion environ une fois par mois et je passais une semaine à Atlanta, à Charlotte, à Memphis ou à Miami », se souvient Robert Blumel.

« Bien sûr, ce sera plus compliqué d’assister aux opérations à court terme comme les cocktails, les événements de networking ou les soirées, mais nous avons noué des liens solides avec les grands investisseurs américains locaux comme Coca-Cola, AGCO, UPS, FedEx ou UTC Aerospace », assure Robert Blumel, qui salue le dynamisme croissant de la région, où se sont notamment implantés PSA Amérique du Nord et la filiale d’Airbus dédiée aux drones. « On ne va pas lâcher les entreprises. Elles ne seront pas laissées de côté ».