Bubble, la start-up qui veut mettre les codeurs au chômage

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Le site de Bubble

C’est dans la version new-yorkaise et moderne du légendaire “garage” de la Silicon Valley -le café de l’East Village avec connexion internet, qu’Emmanuel Straschnov prépare la prochaine révolution de l’internet. Et, en attendant, met la dernière main à la présentation qu’il fera ce mardi au célèbre NY Tech Meetup, première véritable sortie publique de leur entreprise sur laquelle lui et son co-fondateur travaillent depuis presque 3 ans.

Le jeune homme -31 ans- a de l’ambition et le CV pour le justifier (Polytechnique-Ecole des Ponts et Harvard). Avec son associé américain Josh Haas, il a créé Bubble.is, une start-up qui promet de mettre la programmation informatique à la disposition de tous. C’est ce qu’on appelle la “programmation visuelle”: permettre aux utilisateurs de créer des sites internet, ou des applications, en manipulant des éléments graphiques plutôt qu’en écrivant des lignes de code. Celui-ci existe toujours, mais il est généré, en arrière-plan, par le système.

Sur Bubble.is il faudrait environ deux jours pour créer un site complexe comme Airbnb, assure Emmanuel Straschnov. Il faut certes prendre le temps d’apprendre à se servir de Bubble, mais cela ne n’est pas plus difficile ni plus long qu’apprendre à utiliser Excel ou Powerpoint. Rien à voir avec les centaines d’heures nécessaires pour maîtriser le code!”

Du coup, c’est toute la logique du développement d’une start-up qui s’en trouve bouleversée. “Aujourd’hui encore les investisseurs sont obsédés par la programmation. Il continuent de  penser que la valeur d’une start-up est dans le code. Ils se trompent: c’est l’idée, la stratégie, le marketing qui font la différence. Si Airbnb est un succès ce n’est pas grâce au code!”.

Emmanuel Straschnov est persuadé qu’à terme 80 % des sites et applications sur internet seront construits sans passer par les langages de programmation. Mais la route est longue, reconnait-il, “c’est une vision à 20 ans”  et c’est la raison pour laquelle lui et son partenaire ont décidé de ne pas lever d’argent, persuadés que les business angels  et autres venture capitalists n’ont pas la patience nécessaire. Depuis plus de deux ans, ils vivent donc sur leurs économies et écrivent eux-mêmes le code de leur service -nécessaire celui-là et extrêmement sophistiqué: permettre aux utilisateurs de ne pas écrire une ligne de code nécessite en arrière plan du logiciel de haut niveau. Du code donc!

Les deux fondateurs ne sont pas les seuls à croire à l’avenir de la programmation visuelle (et donc à la fin de la suprématie des codeurs). D’autres start-ups sont sur le même secteur (Stamplay, Knack ou IFTTT) par exemple. Et s’il n’est pas sûr d’être qui l’emportera, Emmanuel Straschnov a une conviction: “celui qui gagnera sur ce secteur sera celui qui fera tourner le web dans 20 ans”.

Aux antipodes des “serial entrepreneurs” qui peuplent la “Silicon Alley”, il assure espérer que Bubble sera sa dernière start-up. “Je suis sincèrement persuadé que je ne pourrai pas travailler sur quelque chose de plus fondamental que ça. En libérant la création de sites et d’applications de la nécessité de coder, on démultipliera le nombre de créateurs potentiels. Si on réussit on aura créé le windows des serveurs“. Ambitieux on vous disait…

 

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