Brisé comme un coureur du Tour de France

L’été 2012 est celui de tous les sports. Après l’Euro de foot et avant les JO de Londres, un événement sportif majeur retient l’attention de la presse américaine : le Tour de France, lancé il y a un peu plus d’une semaine à Liège, en Belgique.

Le “pelotombe”

Plombé pendant des années par les soupçons de dopage, la Grande Boucle doit désormais faire face à un autre fléau : une vague de chutes. Côtes, clavicules et mains cassées, hanches déplacées, fractures … le Tour 2012 est celui de la casse. « Après sept jours, déjà vingt cyclistes ont dû se retirer de la course à la suite de chutes », s’écrie l’Associated Press, repris par le Washington Post. « La dernière fois qu’ autant de coureurs ont dû abandonner la course aussi tôt, c’était en 1998, quand une équipe de neuf coureurs était renvoyée pour dopage ». Et l’AP de poursuivre : « Il a toujours été dangereux de lancer pas loin de 200 cyclistes agressifs à toute vitesse dans une pente, leurs vélos poids plume étant à quelques centimètres les uns des autres. Faîtes-le au Tour de France, et c’est le désastre assuré ». Verdict: les chutes ont « gâché » cette nouvelle édition du Tour de France, « la plus dangereuse de la décennie ».

CNN s’intéresse, elle, aux coureurs qui parviennent à rester sur leur selle. Au centre de l’attention: le trio de favoris composé de l’Anglais Bradley Wiggins, de l’Australien Cadel Evans et du Canadien Ryder Hesjedal. Face à cette domination anglophone, la chaîne s’interroge sur la capacité des coureurs français à mener ce tour. « Ne le criez pas sur tous les toits français, mais un trio de coureurs anglophones est favori pour le podium ». Le Tour a beau se terminer sur les Champs-Élysées, « le succès possible des « Rosbifs britanniques » et le fait que leurs plus grands rivaux seront Australiens ou Canadiens est un signe de mondialisation de ce sport autrefois dominé par des coureurs de France, d’Europe du Nord, d’Italie et d’Espagne ».

Le médecin légiste des rois

Heureusement, les Français ne sont pas tous des incapables. Pour s’en convaincre, il suffisait de lire le New York Times le week-end dernier. Le quotidien brosse un portrait de Philippe Charlier, un anthropologue et médecin légiste qui s’est fait connaître en révélant le secret des os des rois.

C’est à l’hôpital de l’université Raymond Poincaré qu’il fait ses trouvailles. Le lieu est décrit comme une véritable caverne d’Ali Baba: « Les vases de laboratoire du Dr Charlier contiennent les restes de Diane de Poitiers, la maîtresse de Henri II, du roi Henri IV et Louis XVI, explique le New York Times, photos à l’appui. « Ces restes sont la passion ou peut-être l’obsession de Philippe Charlier », souligne le quotidien qui pousse l’éloge un peu plus loin : « C’est le médecin légiste le plus connu de France ». Une notoriété qui amuse le journal : ce « Docteur Bones » français « écrit des livres, va sur les plateaux de télévision et les émissions de radio pour annoncer ses trouvailles ». Il a même «  écrit à l’Etat pour recevoir de l’aide pour ses recherches», notamment son projet d’accéder aux restes des rois de France à la Basilique Saint-Denis.

Un pardon français qui ne vient pas

Enfin, en ce mois de fêtes nationales, l’Associated Press, reprise par le Washington Post, se demande pourquoi la France n’arrive pas à dire « pardon » pour les massacres commis pendant la guerre d’Algérie (le cinquantenaire de l’indépendance algérienne était célébré la semaine dernière à Alger). L’Associated Press explique même cyniquement que « les trois vieilles photos montrant des soldats français torturant un Algérien et apparaissant dans une exposition officielle à Paris sont peut-être la forme la plus proche de pardon public que la France a fait pour la période la plus noire de son histoire coloniale ». Pour l’agence américaine, c’est clair: « Il n’y a pas de réconciliation », car la France « est traumatisée par la défaite et la culpabilité ».  L’article se termine toutefois sur une note d’espoir. Une exposition visible aux Invalides jusqu’à fin juillet montrant des actes de tortures commis lors de la guerre est présentée comme un « effort discret pour s’approprier une vérité rarement évoquée ».

Crédit Photo: Futura-Sciences