Boissons gazeuses et banques sous pression

Que faisait Nicolas Sarkozy le 11 septembre 2001 ? Le Washington Post rapporte vendredi 9 septembre la parole du président de la République française s’exprimant sur les attentats du World Trade Center. A l’époque Maire de Neuilly-sur-Seine, il vient juste de rentrer de déjeuner lorsqu’il voit les images qui l’ont « horrifiées ». Il se souvient avoir été « frappé ». « Ce ciel bleu, ces images sans son… J’étais abasourdi ». L’article précise que Nicolas Sarkozy conserve dans son bureau un petit bloc d’acier récupéré dans les décombres des tours jumelles, «comme un rappel». Le Président français rajoute que le 11 septembre 2001, «chaque Français s’est senti touché». Mais le papier n’oublie pas de mentionner que Nicolas Sarkozy est «vu comme l’un des présidents français les plus pro-américains». C’est bien connu, le cœur de notre chef de l’Etat penche pour l’Outre-Atlantique. Le 11 septembre aurait converti toute la nation à en croire ces quelques mots de l’Ambassadeur américain à Paris : «Ce jour-là, le journal Le Monde a dit «On (les Français) est tous américains», et je pense que c’est toujours le cas».

Une chose est sûre en cette rentrée : les Américains font plus confiance à Nicolas Sarkozy qu’aux banques françaises et européennes. Selon un éditorial du New York Times, publié le samedi 10 septembre, les Etats-Unis s’inquiètent des fantaisies fiscales européennes. «Les leaders européens croient encore qu’ils peuvent éviter une catastrophe économique sans prendre de mesures concrètes». L’Europe serait-elle en train de rêver ? «Ils prétendent encore qu’ils n’auront pas à faire payer les contribuables, que l’austérité permettra aux économies faibles comme la Grèce de payer leurs dettes et que l’Europe peut continuer à récolter les bénéfices de l’Union monétaire sans partager les responsabilités de l’Union fiscale». Selon l’éditorial, plus personne n’y croit. En tout cas, «pas les marchés de crédit, ni le Fond Monétaire International, ni même l’Organisation de coopération et de développement économique». Le gouvernement américain ne ferait plus confiance aux grandes banques européennes, trop fragiles et pas « saines ». De plus, «une chute des banques européennes endommagerait aussi l’économie américaine». Réponse proposée: trouver une solution sur le long terme. Les banques doivent demander une plus forte régulation et les Etats doivent passer à une politique d’austérité qui mène vers une récession. «Il n’y a pas de temps à perdre».

Le temps, c’est ce qui a manqué à Coca Cola. L’affaire n’aura duré que quelques jours, voir quelques heures, mais a créé un tollé général. La filiale européenne Coca Cola Entreprise (CCE), à travers son président Hubert Patricot, excuse sur LCI « l’erreur de communication » de son collègue Tristan Farabet, responsable France. « Hypocrisie ! Injustice ! » avait alors dénoncé ce dernier auparavant. Il réagissait face aux taxes instaurées par le Premier ministre François Fillon fin août. L’une d’elles concernaient les boissons gazeuses qui allaient voir leur prix augmenter. Un centime de plus environ par litre. Le Financial Times rapporte les faits et explique qu’à la râlerie générale des Français, fidèles aux clichés, Coca Cola Entreprise «a choisi la révolte passant par une campagne de relations publiques et des flux Twitter».  Tristan Farabet avait déclaré mettre en suspens les 17 millions d’euros d’investissement annoncés dans son usine de Pennes-Mirabeau. Elus et députés crient au scandale et au chantage. «Nous protestons symboliquement contre une taxe qui sanctionne notre activité et stigmatise nos produits» justifie Tristan Farabet.

Le Financial Times rappelle que «de telles tactiques fonctionnent parfois aux États-Unis». Dans plusieurs municipalités, les magasins alimentaires Walmart ont contourné des règlements locaux en organisant des référendums pour les changer. Amazon.com joue au jeu de la carotte et du bâton avec les législateurs en Californie en promettant des emplois contre l’abrogation d’une taxe sur la vente en ligne. La protestation fiscale à l’américaine de Coca Cola Entreprise a été mal vue par l’Assemblée Nationale et jugée maladroite par Hubert Patricot. «Même si Coca Cola symbolise la vie à l’Américaine, c’était le choc de la semaine quand la compagnie a essayé d’introduire la vie à l’Américaine dans les politiques budgétaires françaises». Mais selon le quotidien britannique «les dirigeants du CCE ont raison de s’inquiéter des conséquences d’être “injustement associé à des produits comme l’alcool et le tabac”, dit-il. Il doit être frustrant d’entendre des ignorants des affaires de l’Assemblée Nationale affirmer que, si la société n’aime pas l’impôt sur le sucre, elle n’a qu’à vendre plus de boissons sans sucre. » La réaction du dirigeant France de CCE a, peut-être, été trop extrême et rapide. Avec 3 000 emplois en France, «ce n’est pas beaucoup en échange des parts de marché» de Coca Cola, qui n’était peut-être pas en position pour négocier. Néanmoins, «l’entreprise a eu raison de voir qu’elle avait fait une bourde en voulant négocier avec l’Etat». Faute avouée, à moitié pardonnée.

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  • Jeannine Braik

    Pourquoi remettre en question les acquis de chacun des pays: la France et les USA ? Chacun a ses valeurs auxquelles ils sont attachés sans pour cela  que cela change quoique ce soit aux rapports amicaux que chacun peut avoir avec les populations concernées. Laissons s’exprimer le charme de chaque ” civilisation” car celui-ci entre ,justement, dans l’originalité qui fait que l’ont aime ou pas ce(s) pays. ” Il faut de tout pour faire un monde”, que la vie serait fade et uniforme s’il n’y avait pas ces différences!!! Le monde moderne a le tort de vouloir tout uniformiser; prenons garde d’effacer ce qui fait l’attractivité de chaque pays ( quel qu’il soit ) car alors il n’y aurait plus folklore, quel gâchis!

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