Pourquoi les billets USA-Paris sont-ils plus chers que les billets Paris-USA ?

Vous vous demandez pourquoi vos amis qui viennent en vacances aux USA se félicitent d’avoir payé leur Paris-New York 550 euros (soit environ 620 dollars), quand vous, depuis New York, peinez à dégoter un aller-retour pour Paris à moins de 800 dollars ?

En réalité, vous n’y pouvez pas grand chose. En moyenne, les prix des billets aller-retour sont significativement plus chers dans le sens USA-Paris-USA que dans le sens Paris-USA-Paris.

“Cet écart existe depuis longtemps. Depuis que nous avons commencé nos recherches, il y a quatre ans, il a toujours existé”, pointe Patrick Surry, directeur de la recherche chez Hopper, un site de comparaison de vols.

 

Prix moyen des vols A/R au départ de Paris ou New York. Graphique réalisé à partir des données de Hopper. 

ChartVolsParisNewYorkComparaison

Actuellement, la différence varie pratiquement du simple au double pour un voyage en mai ou en juin prochain (590 $ d’un sens, contre 1093$ aux mêmes dates), elle est moins importante mais tout de même présente au coeur de l’été (969 $ contre 914 $ début août).

Bizarre, car le produit est le même, pensez-vous ? Tout cela nous renvoie à la manière dont sont fixés les prix des billets. “Les compagnies fixent les prix des billets A/R internationaux comme des unités indivisibles, et non pas comme la somme de deux vols individuels”, décrypte Patrick Surry – c’est d’ailleurs pour cela que les aller simples ne sont pas moins chers que les aller-retour.

Elles font cela car les deux clientèles des vols transatlantiques, aux USA et en France, ne sont pas du tout les mêmes, n’ont pas le même pouvoir d’achat ni la même sensibilité aux changements de prix.

Pour grossir le trait : les Américains sont prêts à payer plus cher pour aller en France que les Français pour aller aux USA. Les Américains ont aussi moins de flexibilité sur leurs dates (notamment car ils ont moins de vacances), sont moins sensibles aux évolutions de prix (cette lune de miel à Paris, ils la feront de toute façon), tandis que les entreprises américaines sont prêtes à débourser davantage pour les vols d’affaires. Résultat : pour remplir, les compagnies peuvent faire flamber les prix côté clients américains, tout en mettant la pédale douce côté clients français.

Mais si vous n’avez remarqué l’écart que récemment, c’est sans doute parce qu’il s’est creusé cette année. “C’est un gap inhabituel, affirme Jean Tripier, CEO de la start-up Flyr, qui produit des données prédictives sur le prix des billets. Ce qui est frappant, c’est à quel point les vols originaires de Paris sont bon marché en ce moment, même pour un départ dans les semaines qui viennent. Par exemple, je viens de trouver un A/R Paris-Chicago pour 672$ non-stop. De cela, on peut déduire que les compagnies aériennes ont du mal à remplir leurs sièges au départ de l’Europe, et par conséquent, se rattrapent en augmentant les prix des billets au départ des US -tout en maintenant des prix bas pour leurs clients européens. Cela dit beaucoup de chose sur l’écart de croissance entre ces deux marchés en ce moment.”

En attendant, certains expatriés usent de ruses de sioux pour contourner le système, en particulier s’ils voyagent fréquemment. Ils achètent par exemple un billet New York-Paris avec un retour dans plusieurs mois, et à l’intérieur de cette fenêtre, achètent des billets A/R Paris-New York, en profitant de tarifs plus avantageux. C’est la stratégie des “nested return tickets”. Une bonne solution pour ceux qui savent anticiper.

A/R Paris-New York, évolution sur un an. Source : Hopper. 

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A/R New York-Paris, évolution sur un an. Source : Hopper. 

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