Miss France, une belle contre les bêtes

Revue de presse. Miss France qui défend une France “cosmopolite”, les start-ups françaises qui rament, et le réalisateur de “La cage aux folles” qui disparait: voici votre revue de presse de la semaine.

Il faut croire qu’elle a lu notre dernière revue de presse sur la France raciste. Lors de son couronnement samedi, Flora Coquerel, la nouvelle Miss France  d’origine franco- béninoise, s’est placée en symbole. “Cela montre que la France d’aujourd’hui est une France mixte, où il y a toutes les cultures , et je pense que beaucoup de gens vont se reconnaitre en moi”. Une Miss qu’Alain Delon n’embrassera pas, lui qui a démissionné du comité suite à son soutien au FN. Il faut dire que l’élection d’une Miss noire est un événement plutôt rare. Le Christian Science Monitor s’amuse de cette élection : “Une défense fougueuse (contre le racisme-NDLR) provient d’un endroit improbable : Miss France“. Une élection pas si futile que ça pour le site. “Beaucoup pourraient rejeter la notion même d’un concours de beauté, et donc les messages qu’il envoie, mais sa portée est indéniable : 8,2 millions de téléspectateurs samedi soir, ce qui en fait le programme le plus regardé du week-end” . Dans l’article, le site revient sur le racisme dans le pays de Voltaire où “les citoyens ne sont pas classés ni  par race ni ethnicité, comme aux États-Unis. Tout le monde est tout simplement français”. Ce qui n’empêche pas un repli identitaire. “Un rapport de la Commission nationale consultative des droits de l’homme (CNCDH) ce printemps a montré que les actes et menaces racistes, antisémites et anti- musulmans en France ont augmenté de 23% en 2012.

Où sont les start-ups ?

Une image qui ne risque pas d’attirer les talents des autres pays. Le Wall Sreet Journal  revient sur les difficultés de l’Hexagone à faire éclore les entreprises de demain. “Il serait mieux pour les startups françaises de s’installer à Londres (…) Londres est n ° 1 pour le démarrage après la Silicon Valley” ont récemment déclaré des expatriés lors d’une “Red Carpet Day” en faveur de la ville à Paris. Ambiance !

En cause selon le journal: “Les impôts sur la richesse en France et des lois complexes du travail qui découragent les investissements. En outre, la réputation des start-ups du pays a été éclipsée par des épisodes peu flatteurs comme le blocage gouvernemental du rachat de Dailymotion par Yahoo”. Mais il semblerait que des pépites arrivent à éclore comme le signale le Wall Street Journal, qui parle de la gigantesque pépinière financée par Xavier Niel et de nouvelles incitations fiscales.” Le chômage reste au plus haut depuis 16 ans. Le ministère des Finances estime que la France pourrait gagner jusqu’à un demi pourcent de croissance du PIB en développant ses startups.

Torture en Algérie

La mort de Paul Aussaresses, décédé la semaine dernière à 95 ans, a retenu l’attention de la presse américaine. Ce général à l’œil bandé avait surpris la France en 2002 en affirmant qu’il avait froidement torturé et exécuté des dizaines de prisonniers pendant la guerre d’Algérie. Le New York Times brosse le portrait du tortionnaire : “Il a écrit dans un livre qu’il battait les prisonniers ; attachait des électrodes à leurs oreilles ou leurs testicules et augmenté progressivement l’intensité de la charge électrique ;  versait de l’eau sur leurs visages jusqu’à ce qu’ils parlent ou se noient. Que le captif  parle ou pas, dit-il , il l’exécutait, généralement en faisant le travail lui-même“. Le journal rappelle que la France ” a accordé une amnistie générale en 1968 à ceux qui ont servi en Algérie, peu importe les crimes qu’ils ont commis. Et c’est seulement en 1999 que la France a reconnu officiellement le conflit avec l’Algérie comme une guerre. Jusque-là il l’avait été appelé une opération de maintien de l’ordre“.

« La Cage aux Folles », film pour « écervelés »

Dans un autre genre,  le réalisateur de “La cage aux folles”Edouard Molinaro, s’est également éteint. Celui qui avait reçu une nomination aux Oscars pour sa comédie fait aussi l’objet d’un article dans le New York Times. M. Molinaro déclaré au New York Times qu’il voulait faire une comédie avec des personnages homosexuels parce qu’ils avaient déjà été représentés dans des drames, et que le public rirait avec eux et pas contre“. Une posture confirmée par les New- Yorkais venus en masse pendant 19 semaines lors de la sortie du film dans la Big Apple en 1981. “Le propriétaire du cinéma, Meyer Ackerman, déclarait  qu’il attiré un public varié: hommes et femmes, homosexuels et hétérosexuels, jeunes et vieux“.

Et pourtant, à l’époque, le New York Times voyait en ce film le “type de comédie qui fait semblant d’être sophistiquée mais en fait sert à renforcer les conventions les plus populaires et les stéréotypes les plus écervelés“. Plus drôle encore, le journal mentionne que “lorsque M. Molinaro a vu son film  pour la première fois, il pensait qu’il était si mauvais que cela pourrait être son dernier emploi.” Heureusement, il ne l’a pas été.