Mon bébé a cours

A propos de l'auteur

 

alia farah

Journaliste à French Morning, blogueuse et maman curieuse de tout, Alia Farah raconte son quotidien de jeune mère française à New York

A force d’entendre parler des classes pour bébés, j’ai décidé d’emmener ma « DD » («Dear Daughter», appellation utilisée dans tous les blogs, forums ou groupes de discussions de parents) découvrir ce must de la vie de bébé new-yorkais.

Le premier cours que je suis est une classe d’éveil de Gymboree pour petits de six mois à un an. Nous sommes une dizaine de mamans assises en cercle sur un grand tapis de jeux avec les petits sur les genoux. Le cours commence avec les présentations des binômes maman/bébé. On donne l’âge, mais aussi les acquis des enfants. Et comme il se doit, à chaque compétence énoncée, l’animatrice s’extasie devant le génie de ces enfants qui savent s’asseoir, rampent ou font leurs nuits!

Les chansons et les jeux se succèdent, l’animatrice est très patiente même si elle a du mal à garder l’attention des bébés plus de quelques minutes par activité. Les mamans discutent entre elles et les compliments fusent de part et d’autre sur les tenues et les coiffures des petits – « How cuuuuuuute ! Oh my God, isn’t he/she adooooorable ?!» Les bébés n’interagissent pas beaucoup, ils sont bien trop occupés à explorer les lieux et à découvrir les jouets éparpillés autour de nous. Tant pis pour la socialisation de « DD »… L’enthousiasme de l’animatrice est bienvenu, mais  ne suffit pas à rendre l’expérience vraiment intéressante, d’autant plus que les mamans disparaissent rapidement à la fin du cours. Tant pis pour la socialisation de Maman !

« DD » et moi allons ensuite à des classes de musique chez Hands On For Music et chez New York Kids Class. Succès garanti. Les animateurs sont deux cette fois, un guitariste et une chanteuse survitaminés, et l’ambiance est bien plus festive. C’est une population différente, il y a une majorité de nounous et quelques papas et les bébés sont un peu plus autonomes, la plupart rampent. Nous n’avons pas le temps de papoter, les chansons s’enchaînent rapidement, certains enfants plus grands suivent même une petite chorégraphie et les plus jeunes tapent sur de petits instruments de musique en (presque) cadence. Là, l’émulation joue à plein régime, peut-être parce que les nounous laissent les enfants se débrouiller un peu plus que les mamans et papas. Ils s’observent, se jaugent, se piquent les petits jouets et essaient d’imiter les grands qui applaudissent. A la fin de la session d’un peu moins d’une heure, les nounous partent rapidement tandis que les parents restent un peu pour discuter avec les animateurs et avec les autres parents. On s’échange des conseils et on s’extasie (toujours) sur les enfants des uns et des autres.

Les cours pour bébé rencontrent un grand succès à New York. Il y a des cours d’éveil et de musique, mais aussi de gymnastique, de yoga et d’art pour les moins de deux ans. Mon amie Gabriela, une spécialiste de la question, emmène sa fille depuis qu’elle se tient assise. «Je manque d’imagination quand il s’agit d’inventer des activités avec ma fille », avoue-t-elle. Aujourd’hui, sa petite a deux ans et continue à suivre plusieurs cours. « Depuis qu’elle marche, je me suis rendue compte que si je ne voulais pas que mon appartement se transforme en champ de bataille, il fallait la sortir de la maison. » Elle a aussi constaté les progrès rapides accomplis par sa fille en fonction des classes suivies.

Les parents que je rencontre m’avancent toujours les mêmes raisons pour payer, parfois cher (au minimun 400 $ par trimestre), des cours pour bébé. Les stay-at-home parents ou parents au foyer y trouvent un réseau amical qui correspond à l’âge de leur enfant et les classes leur apportent de la diversité dans leur programme hebdomadaire et de la créativité quant aux activités à faire avec bébé. « Je m’ennuierais si je passais toutes mes journées en tête-à-tête avec ma fille», confesse Alex, maman d’une petite Annabelle de 15 mois. De plus, à partir d’un an, l’émulation fonctionne bien et les bébés sont ravis d’avoir des petits compagnons de jeux.

Ceux qui les font garder par des nounous se disent rassurés par le côté professionnel et stimulant des classes. Certains déclarent « préparer » leurs enfants à l’entrée en preschool en les exposant à d’autres enfants et à des ambiances de cours quelques heures par semaine.

Dans tous les cas, le business marche à plein tube et les parents ouvrent leur portefeuille pour en faire bénéficier leurs enfants. Les plus astucieux, comme Gabriela, font tourner la machine à coupons sur les sites comme Plum DistrictGroupon ou Daily Candy Kidz pour que les cours soient plus abordables.

Je fais moi-même partie des parents dépourvus d’imagination alors je vais inscrire DD à un cours de musique dès la rentrée et tester des cours d’art (peinture et coloriage pour les cyniques) afin de préserver mon appartement de sa créativité. Et pour éviter le surmenage, je vais aussi la laisser jouer librement, sans aucune consigne, le plus souvent possible!

Photo: Alia Farah

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