Babylon Farm, un Français crée des fermes urbaines à New York

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Babylon Farm
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Imaginez un entrepôt désaffecté comme il en existe tant à New York. Derrière les murs en briques, des pousses, des aromates et même des fraises des bois. Une ferme urbaine dans laquelle les légumes poussent non pas dans la terre mais dans des rigoles d’eau, éclairées par des ampoules led, et alimentées en nutriments grâce à des capteurs qui analysent leurs besoins. Ce ne sont pas les images du prochain film de science-fiction d’Hollywood. Ça s’appelle l’hydroponie, l’agriculture hors-sol, et une start-up française la lance à New York.

J’ai découvert l’hydroponie indoor il y a deux ans au Japon“, raconte Thomas Moreau, fondateur de Babylon Farm. L’ancien publicitaire rêvait à l’époque d’investir dans le secteur alimentaire après avoir vu un reportage sur des agriculteurs désabusés. “J’ai fait des recherches et je me suis rendu compte que les sols sont épuisés depuis 60 ans. On ne fait plus de jachère, et on est obligé aujourd’hui d’utiliser des pesticides. Quant au label bio en France et organic aux Etats-Unis, les critères et les cahiers des charges varient et sont inégaux“.

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L'”hydroponie indoor” permet de repenser l’agriculture. Le principe: plus besoin de sol, les plantes reçoivent directement et en atmosphère contrôlée, la lumière, les nutriments et l’eau qui lui sont nécessaire. “L’avantage, c’est que l’on n’est pas dépendant des saisons, de la météo, des insectes nuisibles et on peut parfaitement reproduire les conditions idéales pour les plantes“.

Dans quelques semaines, Thomas Moreau et ses équipes investiront un entrepôt de Red Hook à Brooklyn. Des “champs” hors sol répartis sur huit étages, soit 800 m2. Au programme: des micro-pousses, des aromates et des fraises des bois. “Nos clients sont ici à New York. Il s’agit de restaurants avec qui nous avons validé notre test et qui sont intéressés par des produits rares, explique Thomas Moreau. Ensuite, nous ciblons les distributeurs et enfin les particuliers“.

Babylon Farm appartient au mouvement de l'”urban farming”: jardins partagés, jardins sur les toits, dans des containers. Une tendance qui vise à faire face aux besoins alimentaires dans les grandes villes. “En 2050, plus de 72 % de la population mondiale habitera en ville, ce qui représentera un nombre inédit de personnes à nourrir“, rappelle le trentenaire. Si l'”urban farming” n’a pas vocation à remplacer l’agriculture traditionnelle, elle permet d’alléger la pression sur les sols dégradés.

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A entendre le fondateur de Babylon Farm, il n’y a que des avantages à l’hydroponie: “On produit localement pour une clientèle locale. Finis les coûts de transports et l’empreinte carbone. On utilise 95% moins d’eau qu’une agriculture traditionnelle. On n’a pas besoin de tracteurs, de pompes, de kérosène“. Pas non plus besoin de pesticides, explique celui qui est devenu passionné par la matière: “Si nos cultures sont attaquées par des pucerons blancs, on peut les combattre avec des insectes auxiliaires comme les coccinelles“. Mais la grande fierté de Thomas Moreau c’est surtout que les produits ont du goût. “Grâce à notre technologie, les plantes reçoivent la dose optimale de nutriments, de lumière, de chaleur et surtout les fruits ou les légumes peuvent être cueillis à maturité et pas encore verts pour leur permettre de supporter un long voyage jusqu’au consommateur“.

Pour le moment la R&D de Babylon Farm est en France, entre Paris et Toulouse où des ingénieurs agronomes spécialisés travaillent sur les nutriments à apporter aux plantes. New York comme site pour leur première ferme urbaine était une évidence pour Thomas Moreau: “les gens ici sont plus matures sur le concept d’urban farming et surtout la qualité de la nourriture ici est encore inférieure à l’Europe“.

Babylon Farm est en ce moment en pleine levée de fonds auprès de business angels français. Ils cherchent 600.000 dollars pour investir dans la ferme de Red Hook mais également dans d’autres projets. Thomas Moreau est en effet en négociation avec la ville de New York pour optimiser des espaces à l’abandon: anciennes gares ou encore sous-sols. “Il existe des tas de possibilités et l’aventure ne fait que commencer“, selon le jeune entrepreneur, qui imagine un jour produire en ville des plantes rares utilisées par l’industrie pharmaceutique.

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