Aznavour, jusqu’à l’ivresse

J’aime le passé… mais l’avenir aussi” Le rendez-vous est pris. Hier, Charles Aznavour a prouvé aux 5600 spectateurs du Madison Square Garden qu’à 90 ans, il n’était pas prêt de raccrocher.

C’est sur le ton de la confidence que le chanteur s’adresse à un public plus que conquis. “La première fois que je suis arrivé à New York, c’était en 1948. J’avais 19 ans.” Exit la nostalgie, Charles Aznavour se moque volontiers des “défauts” de son âge. “On voit moins bien, on entend moins bien… D’ailleurs, j’ai un prompteur !” Tout en ponctuant chacune de ses chansons d’un “allez, on continue” enthousiaste.

“Charles” – comme l’appelle son public américain – chante “Paris au mois d’août”, “Mourir d’aimer” ou “Sa jeunesse” avec une petite voix d’abord, avant de gagner en intensité sur des titres comme “Je voyage” avec sa fille Katia. La relève est assurée. Même si aux yeux brillants de Marguerite, une admiratrice de longue date, les chansons sont “intemporelles” et que l’homme lui-même reste “très charismatique“.

Avec classe et humour, Aznavour enchaîne les classiques, sans manquer d’exécuter un pas de danse. Le “French crooner” s’autorise même quelques piques à l’adresse du monde du spectacle – “Mon ami, mon Judas” – et à l’homophobie avec une anecdote sur la chanson “Comme ils disent”.

Si la salle exulte au début de “La Bohème”, “Jamais plus” ou “Emmenez-moi”, chantées en anglais, certains spectateurs – américains d’ailleurs – auraient préféré entendre les versions originales. Dont un jeune homme qui apprend le français grâce à ses chansons et “les connaît par coeur” !

C’est que “Charles” aime les Etats-Unis et les Américains le lui rendent bien. Depuis le début de sa tournée mondiale, il a chanté dans pas moins de sept pays, de son Arménie natale à l’Italie en passant par le Royaume-Uni. On a donc un peu de mal à le croire quand il confie, avec humilité, que sa voix est aussi “brisée” que son anglais.